DROITS DE SCOLARITÉ ET L’OPINION : UNE CÔTE À REMONTER

Pour 54% des Québécois, le « maintien du gel des frais de scolarité » annoncé dans le budget Marceau est « une mauvaise mesure budgétaire »; 42% l’ont toutefois qualifiée de bonne. C’est ce que nous annonçait un sondage Léger Marketing publié samedi dernier dans Le Devoir.

Ce score n’est pas surprenant. J’ai retracé 11 sondages menés au printemps sur le même sujet. En moyenne, 48% des répondants se sont déclarés favorables à une hausse, contre 41% en défaveur. Le tout dernier sondage, avec une question toutefois rédigée autrement, indique la même tendance. Il confirme  la grande division des Québécois sur le sujet puisque l’opinion se divise en deux gros blocs, il est vrai, d’inégale importance.

L’État ne saurait gouverner par sondage.  Celui qui répond à un sondage sur un site internet  n’a pas le temps ni le loisir de délibérer longuement en lui-même sur toutes ces dimensions. Il donne une opinion spontanée, globale, à une question  à laquelle chacun des répondants a déjà réfléchi avec une intensité diverse et un « background» différent.

Mais pour l’État, ses décisions doivent être motivées par un ensemble de facteurs : les valeurs et les principes auxquels ils adhèrent, le droit et en particulier les droits fondamentaux, les choix de société déjà faits, les attentes des citoyens,  le contexte économique,  etc..

Ce que révèlent néanmoins les sondages d’opinion, surtout quand ils sont répétés, c’est le degré d’acceptabilité sociale des mesures proposées, fat politique avec lequel les gouvernements doivent aussi composer. Dans le cas qui nous occupe, les résultats de nombreux sondages montrent à coup sûr qu’un gouvernement qui voudra simplemen geler les droits de scolarité a une côte à remonter auprès de l’opinion.

Aussi,  le gouvernement Marois lorgne-t-il du côté d’une indexation des droits de scolarité, plutôt que leur gel, seule position susceptible de recueillir le plus vaste consensus politique. On verra si des sondages à venir vont confirmer cette hypothèse.

En passant et pour terminer, je signale la publication récente d’un sondage CROP commandé par l’Idée fédérale (?). Il nous apprenait récemment que 4% des Québécois, oui, 4%! voudraient que le gouvernement du Québec fasse de l’éducation sa priorité. Hélas, la très grande majorité des sondages (et ils sont nombreux : voir Opinéduq) placent de façon récurrente l’éducation au bas de l’échelle. Ce n’est guère réjouissant.

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