ÉLECTIONS LOCALES : UNIR ENFIN LES FORCES

Je prends occasion de l’éditorial de la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Mme Josée Bouchad,  sur « une démocratie scolaire renouvelée » et d’un nouveau sondage de ce même organisme sur le même thème pour revenir sur le sujet.

Il n’y a pas si longtemps, les commissions scolaires étaient réfractaires à tenir les élections scolaires simultanément avec les élections municipales. J’ai déjà entendu un ancien président de la Commission des écoles catholiques de Montréal dire qu’il ne fallait pas mélanger les égouts et les écoles! Mais on s’est progressivement rallié à l’idée.

Ce sont maintenant les municipalités qui sont contre. Cette opposition, officiellement fondée sur des arguments administratifs et logistiques, ne tient pas la route. Cela se fait depuis des années en Ontario sans heurts. Mais cette opposition a eu raison de la volonté politique du précédent gouvernement libéral. Il n’a rien fait.

Dans le dernier éditorial de la revue Savoir,  Mme Bouchard , « implore le gouvernement de ne pas répéter les erreurs du passé et débuter les travaux sur cette question très rapidement ». Du point de vue de l’acceptabilité sociale, des élections municipales et scolaires conjointes ne soulèvent aucune difficulté. La FCSQ a sondé les Québécois à deux reprises à ce sujet. En 2009, 87 % se sont déclarés d’accord avec une telle mesure et 77 % ont donné la même opinion cette année. Et le Directeur général des élections a déjà mené les travaux préliminaires sur ce projet.

Cette mesure ne saura toutefois suffire à elle seule à augmenter le taux de participation des électeurs. Le manque d’information et le manque d’intérêt pour la chose scolaire sont deux variables interdépendantes qui jouent particulièrement chez ceux qui n’ont pas d’enfants ou pas d’enfants à l’école. Et ils forment la majorité des électeurs. Connaître même le nom des candidats est problématique et pour ces derniers se faire connaître l’est tout autant.

Et bien peu de parents, soit 15%, se disent bien informés du rôle des commissaires, selon le dernier sondage de la FCSQ (juin dernier). Et les non-parents, encore moins: 13%. Bref, l’immense majorité se dit mal informée.

Pour remédier à ces lacunes, on en a en 2006 ajouté l’intéressante disposition suivante à la Loi sur les élections scolaires :

73.1. La déclaration de candidature peut être accompagnée de renseignements visant à assurer une information minimale aux électeurs.

 Ces renseignements sont fournis selon les modalités déterminées par le directeur général des élections et peuvent comprendre un texte fourni par le candidat, une photographie de celui-ci ainsi que l’adresse et le numéro auxquels les électeurs peuvent le joindre.

Au lieu de se prévaloir pleinement de ces dispositions, à la Commission scolaire de Montréal, on s’est contenté d’inscrire, et en toutes petites lettres, les noms des candidats sur la carte d’électeur! Aucune photo, aucune information sur leur CV ou leur programme. Les candidats se sont tirés dans le pied.Navrant!

Aura-t-on enfin de l’audace?

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