LES ÉVÊQUES ET LE COURS ECR : ENTORTILLÉ

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec vient de réagir au récent jugement de la Cour d’appel du Québec déboutant le collège Loyola de Montréal. Celui-ci voulait, avec l’autorisation du ministère de l’Éducation, remplacer le cours d’éthique et de culture religieuse par une version « confessionnelle » du programme. Le ministère a refusé.

D’abord, les évêques ne contestent pas la décision de la Cour d’appel ni un précédent jugement de la Cour suprême qui a statué que le cours ECR ne porte pas atteinte à la Charte des droits et libertés, donc à la liberté de religion et la liberté de conscience. Les évêques plaident plutôt pour la souplesse au nom du pluralisme :

« […] au-delà des principes, il y a les conditions concrètes d’application et ce que vivent réellement les enfants et leurs parents, ainsi que les enseignants. Il faut faire l’impossible pour que tous se sentent reconnus dans leur différence et respectés dans leurs droits et dans leur conscience. Une société comme la nôtre, ouverte au pluralisme et à des modulations pertinentes, ne peut s’y soustraire. ».

Il faudrait être cohérent. Les évêques prennent acte des décisions des tribunaux, puis en même temps, ils demandent que tous « soient respectés dans leurs droits ». Précisément, les tribunaux ont déclaré que le cours ECR ne portaient pas atteinte aux droits de quiconque.

Au surplus, demandent-ils encore : « […]. convient-il d’exiger du Collège qu’il mette le caractère confessionnel de son projet éducatif entre parenthèses pour quelques périodes par mois? »

C’est pure rhétorique! Quand ce collège enseigne l’histoire, les mathématiques, les arts, la littérature, il ne met pas entre parenthèse son projet éducatif. Il le fait en respectant la logique propre de chacune de ces disciplines. Il n’a pas à les « baptiser ».

Quant au programme ECR, il propose, en ce qui concerne l’éthique et des religions une approche fondée sur les sciences humaines. Il fait appel à ce qu’il y a de commun à tous : la raison et l’intelligence. Dans le dialogue que chaque futur citoyen aura à mener dans sa vie, voilà deux attributs qu’il est utile de développer au cours de sa formation. L’instruire sur les grandes traditions religieuses et sur les visions séculières du monde enrichira au surplus sa culture. On ne s’en plaindra pas.

Et comme une école catholique voudra bien légitimement développer ou éclairer la foi de ses élèves, elle pourra offrir à ses élèves un bon cours de catéchèse. Elle en profitera pourra leur dire aussi, comme l’enseigne le concile Vatican II, que les catholiques croient que l’« unique vraie religion […] subsiste dans l’église catholique et apostolique ». Mais des élèves rétorqueront sans doute que les membres des autres religions disent la même chose de leur propre religion. On les informera alors que le même concile a affirmé aussi « que la personne humaine à droit à la liberté religieuse ». Et que ce droit « a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’a fait connaître la Parole de Dieu et la raison elle-même ».

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Une réflexion au sujet de « LES ÉVÊQUES ET LE COURS ECR : ENTORTILLÉ »

  1. michelepoupore

    Le Collège Loyola semble attaché à l’approche humaniste qui relève d’une épistémologie moderne. Il faudrait à mon avis, que les responsables du collège soient initiés aux théories du savoir, cela permettrait de faire la distinction entre ce qui relève du sacré et ce qui relève de la science.

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