C’EST AUX PARENTS DE DÉCIDER DE L’INTÉGRATION OU NON DES ENFANTS HANDICAPÉS

L’intégration des enfants handicapés ou en difficultés d’apprentissage dans les classes ordinaires est une des questions les plus difficiles et les plus délicates qui soient.

J’ai suivi, je pense, tous les procès que ces situations ont entraînés, y compris ce dernier dont il question ce matin.  La Cour d’appel du Québec avait déclaré que la décision de  commission scolaire des Phares (à Rimouski) de placer un enfant trisomique en une classe spéciale n’était pas discriminatoire. Cette semaine, la Cour suprême a  refusé d’entendre la cause. L’affaire est donc classée.

Je ne saurais commenter le fond de l’affaire. En revanche, une question fondamentale est en cause et que soulève la présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec. Elle déclarait en effet hier au Devoir :

« Le jugement reconnaît que c’est la commission scolaire qui est la mieux placée par l’expertise dont elle dispose pour définir quels sont les services à donner en fonction des besoins de l’élève ».

Je ne doute pas que les commissions scolaires disposent (ou doivent disposer) de l’expertise pour évaluer les besoins des enfants. Le contraire serait désastreux. Mais cette expertise signifie-t-elle qu’elles doivent avoir le dernier mot? En effet, il est tout autant vrai que les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants et garants de leurs intérêts.

En fait, ai-je pu observer, il y a deux types de parents : ceux qui veulent l’intégration à tout prix de leurs enfants dans les classes ordinaires et ceux qui veulent les voir placés dans des classes ou des écoles spécialisées.

Les premiers craignent, non sans raison, l’impact social de la séparation de leurs enfants. Ils savent trop bien que les autres élèves traitent spontanément « d’orthos » leurs compagnes et compagnons inscrits dans les classes spéciales. Les seconds sont prêts à assumer ce risque en misant sur la qualité des ressources des classes ou des écoles spéciales pour maximiser leurs chances de réussite. D’aucuns le font d’ailleurs après l’expérience de l’intégration. C’est ce que j’ai pu constater à l’école Vanguard de Montréal, spécialisée dans l’éducation aux enfants en difficulté grave d’apprentissage. Les listes d’attentes pour s’y inscrire sont très longues.

La question centrale est donc de savoir qui, de l’école ou des parents, doit décider ce qui convient le mieux aux enfants : l’intégration ou la classe spécialisée. Pour ma part, mon choix est fait : une fois menée et entendue l’expertise des spécialistes de la commission scolaire, c’est aux parents que la décision finale doit appartenir.

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2 réflexions au sujet de « C’EST AUX PARENTS DE DÉCIDER DE L’INTÉGRATION OU NON DES ENFANTS HANDICAPÉS »

  1. Alexis Gagne

    Les enjeux liés aux EHDAA sont extrêmement compliqués, délicats et difficiles à débattre. Que ce soit l’intégration, la surprescription potentielle de médicament, la suridentification et les coûts exorbitants, je n’ai vu nulle part de réponses, ni même d’idées claires sur ces sujets. Il faut de la vraie bonne recherche et des bons grands débats là-dessus.

    Le gouvernement pourrait peut-être organiser un sommet là-dessus après que les problèmes du troisième cycle soient réglés.

  2. Elodie Vernont

    Bien que dans certains cas, certaines commissions scolaires peuvent prendre de sages décisions quant au placement d’un enfant, je dirais qu’il est fort dangereux que les parents n’aient pas le dernier mot. En effet, l’école est-elle à même d’identifier correctement les besoins de l’enfant? Les signes extérieurs (problèmes de comportement) par exemple traduisent-ils toujours une maladie neurologique, ce qui aménera à une identification erronée? Les écoles ne s’attardent-elles pas sur une liste de comportements, plutôt que d’aider le parent à en chercher la cause profonde? Je vous dis cela parce que j’ai moi-même été acheminée sur une fausse piste pour mon garçon : problèmes visuels graves non détectés. En quelques jours, l’école avait établi une liste complètement erronée (mon fils rentrait en maternelle). Aujourd’hui tout va bien grâce à une bonne prise en charge. J’ai sorti mon fils de cette école et c’est la meilleure décision que j’ai prise de ma vie. Il faut savoir que les parents qui ont les moyens financiers et culturels auront tendance à ne pas accepter les placements imposés en trouvant d’autres moyens (l’école à la maison ou autre). En outre, je trouve scandaleux qu’il a été impossible de me faire entendre par la suite, parce que j’ai dû prouver d’une part que mon fils n’était pas atteint du diagnostic établi par l’école et d’autre part nous avons perdu du temps pour la prise en charge de son problème réel. Où est l’imputabilité de l’école et de la commission scolaire dans notre affaire? Mes plaintes n’ont pas été entendues parce que j’avais quitté la commission scolaire! Dans un autre système, j’aurais pu me faire entendre, pas au Québec. Je dis que c’est le parent qui doit avoir plus de droits. J’attends une loi sur l’imputabilité de ceux (qui ne sont pas médecins) qui « établissent » des diagnostics et qui forcent les parents à médicamenter leurs enfants. Il y a des professeurs méritants, c’est certain! Nous avons été menacés, c’est intolérable! Je peux vous assurer aujourd’hui qu’aucune décision ne sera prise à l’encontre de mon fils sans mon accord (et qui ne sont pas dans l’intérêt de ses besoins). J’ai dû changer de province pour cela; s’il le faut, je changerai de pays.

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