FAUDRAIT-IL RESSUSCITER LES INSPECTEURS D’ÉCOLE?

Ce billet m’est inspiré d’un reportage de Lisa-Marie Gervais paru dans Le Devoir de samedi sur ces écoles privées déviantes par rapport aux normes pédagogiques ou administratives auxquelles elles sont soumises. Comment sait-on qu’elles sont déviantes? Grâce au rapport annuel de la Commission consultative de l’enseignement privé, rapport lui-même alimenté par les fonctionnaires de la Direction de l’enseignement privé du MELS. Ceux-ci font périodiquement le tour des écoles, observent et posent les bonnes questions.

Rien de tel dans le réseau public. Dans les années 60, après la création du ministère de l’Éducation on a aboli le corps des inspecteurs d’école. On les a remplacés par des conseillers pédagogiques, ce qui était en soi une bonne idée.

Aujourd’hui, la responsabilité d’assurer la qualité de l’enseignement est saucissonnée. Au niveau de l’école, c’est la fonction première de la direction: « […] le directeur de l’école s’assure de la qualité des services éducatifs dispensés à l’école » , dit la loi . Mais, curieusement, c’est le conseil d’établissement qui « rend compte de leur qualité ».

De leur côté,  les commissaires d’école veillent aussi à leur tour «  à la pertinence et à la qualité des services éducatifs offerts par la commission scolaire ». Redondante, la loi ajoute que la « commission scolaire » a notamment pour mission de « veiller à la qualité des services éducatifs ». Et, à son tour, la commission scolaire  « rend compte de la qualité » des services éducatifs qu’elle dispense.

Enfin, le ministre de l’Éducation « veille à la qualité des services éducatifs dispensés par les commissions scolaires ».

Voilà pas mal de monde qui veille !

Pourtant, malgré ce bla-bla juridique, y a-t-il un seul parent capable de préciser quel est le niveau de qualité de l’école que ses enfants fréquentent?

En fin de semaine, l’Institut du nouveau monde a réuni à Québec plus de 400 jeunes qui sont venus notamment débattre de la qualité de l’enseignement universitaire  et d’assurance qualité. La question est controversée, mais au moins on en débat. Le Consell supérieur de l’éducation vient d’ailleurs d’y consacrer son dernier rapport.

Au milieu des années 80, la qualité de l’éducation fut la grande question débattue aux ordres primaires et secondaire. La Fédération des commissions scolaires du Québec, hantée par l’exode des élèves vers l’école privée, tint même des États généraux sur la qualité de l’éducation, opération aujourd’hui oubliée. Et le Conseil supérieur de  l’éducation en fit même l’objet de son rapport annuel de 1986-87 [1].

Il est temps de se pencher à nouveau sur le sujet . D’autant, comme nous l’écrivions il y a quelques semaines que 23% seulement des Québécois pensent que nous avons de « très bonnes écoles »..Aussi, je me le demande, faut-il ressusciter les inspecteurs d’école?


[1] Le texte complet est malheureusement absent du site du Conseil.

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2 réflexions au sujet de « FAUDRAIT-IL RESSUSCITER LES INSPECTEURS D’ÉCOLE? »

  1. michelepoupore

    Oui, il faudrait une Commission consultative de l’enseignement public. Principalement parce que pour l’instant, il ne semble pas y avoir de mécanisme de surveillance efficace. Voici quelques exemples.

    D’abord, prenons le cas du protecteur de l’élève. Ce dernier présente son rapport à la commission scolaire. Lorsque cette dernière n’est pas d’accord avec le protecteur, elle peut tout simplement le remercier de ses services. Pour que les élèves soient vraiment protégés ne faudrait-il pas que le protecteur de l’élève se rapporte à une instance neutre?

    Encore, qui vérifie la véracité des taux de succès déclarés par la commission scolaire et les écoles? Certains élèves n’ont pas à rédiger les examens du ministère. Lorsque la commission scolaire déclare un taux anormalement élevé de bénéficiaires de PEI dispensés d’écrire les examens, n’ existe-t-il pas ici une raison de s’inquièter?

    Puis, lorsqu’une commission scolaire permet la sollicitation commerciale des élèves en échanges de dons qui s’en préoccupe? Lorsque le cours d’éthique et culture religieuse est substitué par un cours d’éthique ou de civisme, qui est chargé de faire un suivi?

  2. Alexis Gagne

    Ce travail d’inspection ou d’évaluation des écoles devraient surtout être fait directement par les hauts dirigeants des commissions scolaires (surtout l’équipe du directeur des services éducatifs), tout comme le travail d’évaluation des enseignants devrait surtout être complété par les directrices d’établissements.

    Une partie du travail pourrait aussi être faite par d’autres directeurs d’écoles, contribuant ainsi à un partage d’idée plus grand entre les directeurs d’établissements.

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