LA FORMATION DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS AU QUÉBEC ET EN FINLANDE

La Finlande fascine particulièrement en raison de l’excellence des résultats de ses élèves aux tests PISA. Peut-être la formation des enseignantes et des enseignants y est-elle pour quelque chose. Une étudiante en sciences de l’éducation à l’UdeM, Adriana Morales, a eu la bonne idée de comparer la formation initiale de ceux-ci  avec celle que reçoivent les nôtres au Québec. Son mémoire s’intitule d’ailleurs : Étude comparée de la formation initiale des enseignants du primaire au Québec et en Finlande.

Je me permets d’en reproduire ici deux paragraphes significatifs  tirés de la conclusion:

« Les conceptions et les croyances déjà enracinées dans une société sont difficilement changeables. Les Finlandais n’ont manifesté aucune opposition de principe à la
professionnalisation, car, nous l’avons discuté, les enseignants y vivent déjà dans cette
culture de vision professionnelle de l’enseignement, dans laquelle il y a un grand respect et confiance envers les enseignants. Le mouvement de professionnalisation a alors réaffirmé en Finlande cette culture de confiance et a octroyé aux enseignants plus d’autonomie et plus de flexibilité dans leur travail, ainsi qu’a élevé leur statut social.

« Au Québec, le défi de valorisation et de changement de la conception de la profession
enseignante est bien plus complexe. Ici, comme dans la plupart des sociétés nord-américaines et dans quelques pays de l’Europe, le mouvement de professionnalisation a amené avec lui des aspects comme la reddition de comptes, l’obligation de résultat et la responsabilisation des enseignants. Puis, malgré les efforts de changement entamés depuis les années 1990, la formation et la profession des enseignants continuent à être critiquées et les enseignants continuent à faire face à des tâches très difficiles et à une précarité dans leur statut d’emploi. De plus, ce que le mouvement de professionnalisation n’a pas amené avec lui est cette culture de « confiance » envers les enseignants, cette capacité de croire qu’ils sont vraiment capables et suffisamment formés pour faire ce qui est mieux pour leurs élèves ».

J’en profite pour rappeler une fois de plus la richesse de la veille que mène le Centre de recherche interuniversitaire sur la profession enseignante (CRIPFE) sur la recherche en ce domaine.

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3 réflexions au sujet de « LA FORMATION DES ENSEIGNANTES ET DES ENSEIGNANTS AU QUÉBEC ET EN FINLANDE »

  1. David D'Arrisso

    Bonjour Jean-Pierre,
    Qu’en est-il vraiment de la confiance de la population envers les enseignants? Les données des sondages montrent-elles qu’il y aurait, au Québec, un problème de confiance de la population envers les enseignants? Celle-ci s’est-elle améliorée ou aurait-elle, au contraire, décliné au cours des dernières années? Que nous disent les résultats colligés dans Opinéduq à ce propos?

  2. michelepoupore

    Au cours des dernières années, on assiste au Québec à un virage bureaucratique des commissions scolaires, de l’école et du personnel enseignant, ce afin d’améliorer les taux de réussite des élèves.

    La nouvelle stratégie scolaire vise l’atteinte d’objectifs fixés à l’avance. Malheureusement, à plusieurs endroits, ce virage se fait au détriment des élèves, les plus faibles. Certains indices sont inquiétants: l’ augmentation du nombre des plaintes à propos des services destinés aux élèves en difficultés (voir le rapport du protecteur du citoyen ) ; le recours aux PEI afin de dissimuler les résultats des élèves ayant des difficultés légères. Certaines commissions scolaires encouragent les parents d’élèves handicappés ou éprouvant certaines difficultés à s’inscrire au privé.

    Bref, la reddition de comptes n’est pas un gage de l’amélioration des services éducatifs offerts aux élèves. À bien des égards, on peut se demander si cette approche est adéquate dans le milieu scolaire.

  3. proulxj Auteur de l’article

    Bonjour David,
    Une dizaine sondages touchant la confiance des citoyens donnent des résultats constants: les enseignantes et les enseignants font partie, avec les médecins, les infirmiers, les policiers et les pompiers, du « top ten » des professions en qui les citoyens ont le plus confiance, soit entre 80% et 90%. Il n’y a pas de variation significative depuis dix ans.

    Paradoxalement, les sondages révèlent aussi que les enseignants estiment qu’ils n’ont pas la confiance qu’on leur accorde pourtant (CSE, p.36-38)!

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