L’INDIVIDUALISME PARENTAL EST-IL INSTALLÉ À DEMEURE?

Le Devoir de samedi nous a gâtés en matière d’information sur l’éducation. D’abord trois reportages particulièrement intéressants sur la relation des parents à l’école :

•    de Marie-Andrée Chouinard : Les parents face à l’école – Des clients ou des citoyens?
•    de Lisa-Marie-Gervais : «Le monarque, c’est moi»
•    de Stéphane Baillargeon : Les parents-rois et l’éducation – À quel type de famille appartenez-vous?

En plus, un article très controversé de Vincent Geloso, économiste à l’Institut économique de Montréal : Le Devoir d’histoire – L’État a-t-il vraiment fait progresser l’éducation au Québec?

Enfin, tout un supplément sur le Sommet sur les universités.

Ce sont toutefois les trois premiers papiers qui ont retenu mon attention et qu’il faut lire absolument. En effet, à la question posée par Marie-Andrée Chouinard, les personnes interviewées ont répondu surtout que les parents se considéraient et se comportaient surtout comme des clients. Les reportages tendent évidemment à généraliser à partir d’un nombre d’observations limitées. Néanmoins, les impressions vont dans ce sens. Pour sa part Stéphane Baillargeon va plus loin dans son compte rendu d’une étude américaine sur les types de parents.

Certains comportements ne trompent pas : selon la Fédération des comités de parents, les assemblées annuelles de parents pour élire leurs représentants au conseil d’établissement ne rassembleraient en moyenne qu’une quarantaine d’entre eux. Et 25% seulement des écoles compteraient un « organisme de participation des parents » prévu par la loi pour les représenter.

Dans un précédent billet, j’ai écrit que l’un des dix défis et enjeux de l’école québécoise était précisément de la « communautariser ». C’est le projet qu’avait lancé Commission Parent en 1964-66 et qu’a repris en 82 feu le Dr Laurin dans son livre blanc « L’école communautaire et responsable ». La transformation des structures juridiques de l’école est allée dans ce sens avec la création des comités d’école (1971), des conseils d’orientation (1979) et des conseils d’établissement (1988). Mais la réalité sociale derrière ces structures n’est pas à la hauteur de ces idéaux . L’individualisme parental prévaut : il y a nous et notre enfant.

L’enjeu est important : voulons-nous réduire l’école à un comptoir de services, un pur lieu de consommation? Le mouvement est déjà trop bien lancé. Les projets particuliers, au surplus très souvent sélectifs, vont carrément dans ce sens. Les commissions scolaires visent ainsi à séduire des « clientèles ». Ils sont rarement le fruit d’une délibération démocratique de la communauté éducative d’un quartier donné. Je me retrouve ici parfaitement dans les propos de Marc St-Pierre que rapporte Marie-Andrée Chouinard.

Mais communautariser l’école constitue un défi majeur. Est-ce encore possible? Quelqu’un quelque part y croit-il encore? Les conditions sociales des parents et du personnel le permettent-elles? Quels efforts font les conseils d’établissement pour y arriver, notamment en matière de communication? L’idéal des années 60 et 70 est-il mort à tout jamais?

Le temps est vraiment venu de réfléchir à cela.

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