De quelques données significatives sur la foi et l’incroyance des Québécois

Le sondage CROP-La Presse sur la religion publiée samedi fournit quelques données qui méritent commentaires.

La première donnée, et à mon avis, la plus fondamentale, concerne la croyance en Dieu chez les Québécoises et les Québécois. Ils ne seraient plus que 59% à croire en Dieu contre 80% en 2005 et 88% en 1998 (je vous fais grâce des références); 22% n’y croient pas et sont donc athées, et 18% ne savent et sont donc agnostiques. Étonnant qu’une chute aussi importante de la croyance ait pu se produire en moins de huit ans. Plus important encore, chez les 18-34, l’incroyance est à 37%.  Paradoxalement, cette génération a reçu les cours de catéchèse à l’école!Malheureusement, ce sondage ne dit rien sur les causes de cette montée fulgurante de l’athéisme au Québec.

Deux autres données ont attiré mon attention.

La présence d’un crucifix à l’Assemblée nationale reçoit maintenant l’approbation d’une minorité (soit 41%). Je m’en réjouis. Je pense depuis des années et l’ai écrit déjà qu’il faut le transporter dans le musée de l’Assemblée nationale en tant qu’objet d’art patrimonial.  Mais que deux personnes sur cinq trouvent toujours qu’il y a sa place suffit pour faire peur à n’importe quel gouvernement : les symboles mobilisent.

Enfin, à la question : « Lequel de ces cours choisiriez-vous pour votre enfant? » 30% ont répondu un « cours d’enseignement culturel de toutes les religions? »; 31%, un » cours d’enseignement religieux et catholique » et 30%, un cours de morale. On ignore cependant quelle est l’opinion des 35-45 ans qui regroupent la majorité des parents, les premiers concernés.

Pour l’heure, le cours actuellement donné s’appelle « éthique et culture religieuse » et comprend donc les deux volets. On n’a pas proposé cette option aux répondants. Dommage. Néanmoins, en  ayant séparé dans la question, le volet éthique/morale de l’aspect culturel des religions, on mesure mieux la polarisation de l’opinion à propos de la laïcité. Le courant de la laïcité « ouverte » (dont je suis) accepte que l’école traite de la religion, mais comme science humaine, et les tenants de la laïcité « stricte » rejettent carrément ce cours, comme les Troyens auraient dû se méfier du cheval qu’on a fait entrer dans les murs de la ville!

La méthodologie du sondage soulève tout de même une interrogation: les catholiques ne forment que 57% de l’échantillon alors qu’au recensement de 2001, ils comptaient encore pour plus de 83%. On a toutefois pondéré les répondants en fonction de la religion.

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Une réflexion au sujet de « De quelques données significatives sur la foi et l’incroyance des Québécois »

  1. maelle turbide

    Je suis étonnée de voir cette chute de la croyance en Dieu, que vous évoquez. C’est effectivement une baisse très importante de la croyance. Qu’a-t-il bien pu se passer? Faisant partie moi-même de la génération des 18-34 ans, il m’est plutôt rare de croiser des gens dans mon entourage qui avouent croire en Dieu. Je trouvais donc plutôt réconfortant de voir que 59% (la majorité) des Québécois croyaient encore en Dieu, malgré un climat qui met beaucoup de gens mal à l’aise dès qu’on prononce le mot « religion ».

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