Archives mensuelles : mars 2013

UNE LETTRE MAGNIFIQUE D’UNE ENSEIGNANTE AUTHENTIQUEMENT PROFESSIONNELLE

Le Devoir publie ce matin une lettre splendide d’une enseignante en histoire en réponse à une lettre à un autre enseignant parue il y a quelques jours. Le tout, dans le cadre du débat qui depuis 2008  anime le contenu du programme d’histoire du secondaire.

L’auteure de la lettre de ce matin, Mme Diane Plourde, historienne de formation, est depuis le mois dernier conseillère pédagogique après avoir enseigné pendant 30 ans. Elle raconte avoir travaillé avec un jeune enseignant et « avoir bénéficié de sa fougue, de ses questionnements et de maîtrise des nouvelles technologies ». Mais ce qui m’a particulièrement ravi, ce sont les propos suivants :

« À deux, nous nous sommes approprié le programme et en avons nous-mêmes extirpé les irritants sans le dénaturer. Nous sommes ainsi sortis des manuels pour créer notre propre matériel. C’est ainsi, par exemple, qu’une magnifique photo de Louis-Joseph Papineau tirée d’un Cahier Livres du Devoir est toujours affichée dans la classe que j’ai quittée, et les élèves savent très bien reconnaître Papineau ». […]

« Je souhaite, François-Xavier (et vous avez un nom prédestiné pour un professeur d’histoire), que vous vous mettiez au travail et que vous vous appropriiez ce programme. Votre opinion ne changera probablement pas, mais vous aurez au moins la satisfaction d’être dans l’action. Car si, à votre âge, vous êtes déjà dans l’attente de solutions extérieures, vous ne ferez pas 33 ans dans cette extraordinaire profession qu’est l’enseignement.

Propos magnifiques qui relèvent de la conscience forte d’une enseignante qui se voit et qui agit comme une authentique professionnelle, largement autonome et libre d’esprit, et non celui d’un employé qui attend le salut de son employeur.

J’aime!

LES COMMISSIONS SCOLAIRES RÉCLAMENT UNE « POLITIQUE NATIONALE EN ÉDUCATION PUBLIQUE » »

La chose m’avait échappé : la Fédération des commissions scolaires  a adopté en décembre dernier une Plateforme en vue de l’élaboration d’une politique nationale éducation publique au Québec. On devait la déposer à l’Assemblée nationale au début de la présente session parlementaire. Mais aucun écho ne nous en est encore parvenu de ce côté.

« L’adoption de cette plateforme, précise-t-on , s’inscrit dans la foulée du Sommet sur l’éducation publique au Québec, [de mai 2012]. Celui-ci avait réuni plus de 800 participants issus du réseau scolaire et des milieux municipal, syndical, socioéconomique et communautaire le printemps dernier, et qui s’était conclu par l’adoption d’une Déclaration en faveur de l’éducation publique au Québec. »

Cette plateforme, explique-t-on encore, « est le résultat de consultations menées auprès de ses membres et de ses partenaires (parents, directions d’établissement, directions générales, cadres, représentants syndicaux) dont le point de vue était essentiel, car pour la Fédération, la Politique nationale en éducation publique au Québec est un projet social de développement qui réfère à une responsabilité et une solidarité collectives ».

Mais dans une lettre à la présidente de la FCSQ, Mme Josée Bouchard, datée du 20 décembre, la Fédération québécoise des directions d’établissement ne semble pas avoir apprécié qu’on  ait implicitement associé ses membres à cette déclaration. Se disant « stupéfaits » par l’initiative, les directeurs y ont vu un plaidoyer pour le maintien des commissions scolaires . La FQDE estime plutôt que les formes de la démocratie scolaire doivent être repensées.

La Fédération des commissions commissions scolaires a aussi mis en ligne une pétition ou l’équivalent invitant les lecteurs à signer une « Déclaration en faveur de l’éducation publique au Québec ». Quelque 4473 personnes l’ont signée à ce jour.

La FCSQ relance aussi le dossier dans le dernier numéro de Savoir, sa revue corporative, en rappelant notamment les quatre principes sur lesquels devrait s’appuyer la politique nationale d’éducation :

  • L’accessibilité à des services éducatifs et diversifiés et de qualité
  • La réussite éducative, une obligation incontournable de notre système
  • La reconnaissance de l’expertise professionnelle des ressources humaines
  • Une gouvernance démocratique et partenariale associée à une mission de bien commun, en s’assurant de maintenir et de renforcer le rôle des commissions scolaires.

Le Plateforme détaille ses principes en empruntant le vocabulaire classique des plans stratégiques : mission, valeurs, enjeux, résultats attendus, etc.

Cela dit, la récente initiative de la FCSQ n’a laissé apparemment aucune trace dans les médias, si ce n’est une courte entrevue de sa présidente à CIBL. Hormis les quelques milliers de lecteurs qui ont signé la déclaration, la Plateforme n’a guère eu d’impact. Cela tient, à mon avis, à l’absence d’une problématique qui en aurait fait voir la pertinence.

En effet, pour justifier son action, la FCSQ évoque essentiellement les 50 ans du Rapport Parent et l’occasion que cet anniversaire donne d’analyser le système éducatif pour le renouveler. Elle ajoute : « La méconnaissance du système ainsi que la complexité qui s’en dégage convainquent de l’importance de l’élaboration d’une politique nationale en éducation publique qui implique une réflexion collective visant à clarifier le domaine, à le renouveler et à le valoriser ».

Tout cela, certes, est pertinent, mais ce n’est pas suffisant pour mobiliser la population. En 1992, la Centrale de l’enseignement du Québec avait eu beaucoup plus de succès lorsque pour réclamer un large débat sur l’éducation, elle avait dramatisé le problème du décrochage scolaire: cela a donné le États généraux sur l’éducation.

En fait, il m’apparaît que la question de  la gouvernance est à la fois le moteur principal des desseins de la FCSQ et son encrage stratégique. Les élections scolaires sont prévus pour l’automne 2007 et elle sont cruciales pour l’avenir des commissions scolaires. Au surplus,  l’avenir des commissions scolaires a été un enjeu de l’élection de l’été 212. La CAQ a carrément remis en question leur existence. Le PQ s’est engagé de son côté à « renforcer l’autonomie des écoles, éliminer le chevauchement des responsabilités entre le ministère de l’Éducation et les commissions scolaires et favoriser, sur une base volontaire, les fusions des commissions scolaires ».

Le véritable enjeu de l’opération lancée par la FCSQ me semble plutôt loger de ce côté-là. Mais attendons voir.

ÉCHEC DE LA RÉFORME DE 1998. PUIS APRÈS?

Les réformes de l’enseignement et des programmes sont toujours décevantes. La dernière en date, lancée en 1998, est un échec aux dires de deux chercheurs de l’Université Laval, Jean-François Cardin et Érick Falardeau. Le Soleil de lundi rendait compte de leur récente enquête auprès de près de 500 enseignants ici et ici. Une autre étude menée cette fois par le professeur Simon Larose confirme aujoud’hui cet échec.

En amont de ces constats, se pose néanmoins une question préalable : les enseignants ont-ils, ou comment ont-ils mis en oeuvre, la réforme de 2008? Là-dessus, les chercheurs ne s’entendent pas. Il y a quelques jours à peine, Suzanne Chartrand, elle aussi de Laval, montrait comment en français les enseignants en sont généralement demeurés aux méthodes traditionnelles, faisant fi des découvertes en didactique. Nous y avons fait état ici même.

Si on veut bien par ailleurs donner à ce débat un peu de profondeur historique, on se rendra compte que ce que l’on observe aujourd’hui n’est pas nouveau. Ainsi, au milieu des années 60, dans le sillage du rapport Parent, on a remplacé les « programmes catalogues » où les enseignants suivaient presque un livre de recettes, aux « programmes-cadres » où ils jouissaient d’une grande autonomie. C’était la belle époque des « stencils ».

Cinq ans plus tard, on constatait l’échec de la réforme, échec amplifié bien sûr par les médias. D’aucuns se souviennent de la série d’articles de Lysianne Gagnon dans La Presse sur l’échec du français. Le Dr François Cloutier s’émut et amorça discrètement la réflexion au sein du ministère. Puis Jacques-Yvan Morin lança son livre Vert puis son livre Orange. Le tout aboutit en 1989-91à une seconde réforme des programmes dits « par objectifs ». Tout le monde salua cette réforme, y compris les enseignants. Sauf qu’elle n’apporta pas les résultats escomptés. Les élèves ne réussissaient pas mieux.

Aussi, vers 1992, la CSQ réclama des États généraux sur l’éducation. Ceux-ci proposèrent de revenir à l’essentiel : « instruire ». Puis la ministre Marois demanda à Paul Inchauspé et son équipe de définir les paramètres des programmes à réformer. Ce qui fut entrepris et à nouveau rapidement décrié par les chroniqueurs, surtout à cause des compétences transversales!  On constate aujourd’hui un nouvel échec de cette réforme.

Alors que faire? Il revient évidemment au ministère de l’Éducation de fixer les orientations et les objectifs généraux des programmes. Le bien commun l’exige. Mais j’ai toujours plaidé et je plaide encore pour laisser les enseignants eux-mêmes, en tant que professionnels de la pédagogie, la responsabilité de rédiger les programmes.Il leur revient aussi de choisir les méthodes d’enseignement qu’ils estiment les plus efficaces et de travailler à leur développement. Du reste, ils ont développé individuellement et collectivement des savoirs d’expériences incontournables. Ils peuvent aussi enrichir ceux-ci par les savoirs savants issus des recherches scientifiques.

Toutefois, les enseignants n’ont pas choisi cette voie. Ils préfèrent, collectivement du moins, se définir comme des syndiqués plutôt que comme des professionnels.. Dès lors, il est plus facile de blâmer le ministère de l’Éducation tenu pour le seul responsable de l’échec des réformes. Et pour cause: ils n’y sont pour rien! C’est leur choix, mais je le conteste.

Ceux qui voudraient en connaître davantage sur les réformes québécoises en éducation pourront par ailleurs consulter l’ouvrage de Mellouki, M. (2010). Promesses et ratés de la réforme de l’éducation au Québec.  Ils pourront aussi s’inscrire au très proche colloque international sur les enjeux actuels et futurs de la formation et de la  profession enseignante organisé par le Centre de recherche interuniversitaire sur la formation et la profession enseignante (CRIFPE).

UN COUP DE POUCE POUR POLITISER LES ÉLECTIONS SCOLAIRES: UN BON TEST

Les élections scolaires ne suscitent guère de remous dans les chaumières et très peu dans les médias. Mais pourra-t-on les politiser? La ministre de l’Éducation, Mme Malavoy, vient de poser vendredi un geste intéresant en ce sens. Mais voyons plutôt la réalité.

Ainsi, dans le cadre de la Journée internationale des femmes, il y a dix jours, on faisait état du nombre et de la proportion de femmes qui sont députés à Québec et Ottawa, ou mairesses ou conseillères municipales. Mais on n’a pas relevé le nombre de celles qui sont commissaires! Or c’est le seul corps public où elles sont majoritaires.

Et pourquoi cet oubli? Simplement parce que de tout temps, on considère, ou plutôt, on ne veut pas que la commission scolaire constitue une instance politique. C’est là un vieux réflexe dont l’origine remonte au rapport Durham et à la main-mise subséquente des Églises sur l’éducation et qui a duré un siècle.  Du reste, les commissaires eux-mêmes en général, et les femmes commissaires en particulier sont  ou du moins étaient majoritairement d’accord avec cette vision [1]. Il n’est pas étonnant que les citoyennes et les citoyens soient si peu nombreux à y voter. On ne leur propose pas d’enjeux.

Et il y a bien des chances que rien ne change à cet égard. Une nouvelle parue en fin de semaine nous apprend, ou plutôt nous rappelle, qu’en vertu de modifications apportées à la loi en 2008, le « nombre de commissaires passera de 1305 à 641 seulement après les prochaines élections prévues le 2 novembre 2014 », soit de 7 à 12 par commission scolaire.

Cela signifie que dans des territoires déjà très grands et dans plusieurs cas, immenses, les commissaires sensés représenter les citoyens s’en éloigneront plus encore. Bref, cette mesure consacre le caractère essentiellement régional de nos commissions scolaires. Elles ont pourtant été créées pour assurer la gouvernance des écoles par les communautés locales. Si au moins les conseils d’établissement n’étaient pas assujettis à la bureaucratie « top down » que les libéraux leur ont imposée en 2008 avec, il faut le rappeler, l’appui des péquistes.

Par ailleurs, la ministre de l’Éducation, Mme Malavoy, a déposé vendredi dernier un projet de loi sur les élections scolaires visant à aider financièrement les candidats à la présidence d’une commission scolaire. En effet, comme les maires, les présidents seront dorénavant élus au suffrage de l’ensemble des commettants. En soi, cette nouvelle modalité électorale adoptée en 2008 est heureuse : elle est de nature à rallier, sous l’impulsion du candidat à la présidence, une équipe partageant un même programme électoral. Mais elle n’a pas encore été testée.

Le projet de loi prévoit donc ce qui suit:

« 1° pour l’élection au poste de président, un montant de 3 780 $ majoré de 0,30 $ par personne inscrite à la liste électorale de la commission scolaire auquel s’ajoute, s’il y a lieu, un supplément de 0,10 $ par personne inscrite à cette liste, si la densité d’électeurs par kilomètre carré est inférieure à 1;
« 2° pour l’élection à un autre poste de commissaire, un montant de 1 890 $ majoré de 0,30 $ par personne inscrite à la liste électorale de la circonscription électorale. ».

Mais vu la grandeur des territoires, c’est un pari qui est loin d’être gagné : qui voudra parcourir en tout sens le territoire de la commission scolaire des Chic-Choc? Elle s’étend sur le littoral du St-Laurent sur une distance égale à  celle qui sépare Montréal de Montmagny! Et on compte six ou sept commissions scolaires anglophones sur l’ensemble du territoire! Bref, le petit coup de main financier qu’a annoncé vendredi dernier Mme Malavoy est de bon augure, mais il pourrait bien n’être qu’un coup d’épée dans l’eau vu le contexte général des élections scolaires et la culture séculaire qui les a façonnées.

[1]  Maillé, C. (1997).« La politique scolaire et les territoires politiques des femmes : points de convergence », dans M. Tremblay et C.Andrew (dir.), Femmes et représentation politique au Québec et au Canada, Montréal, Éditions du remue-ménage, p. 123-145.

LETTRE OUVERTE AU PLQ ET À LA CAQ

Je n’arrive pas à comprendre la ou les raisons pour lesquelles vous vous opposez au projet d’imposer aux entreprises de 26 à 49 l’obligation juridique de se franciser.

Le Conseil supérieur de la langue française vient d’exposer la situation prévalant quant à l’usage du français dans les entreprises : au lieu de croître, conformément au but même de la Charte de la langue française, il décroît.

Il y a, pour expliquer cette décroissance, plusieurs facteurs. La pression qu’exerce la mondialisation du commerce sur les pratiques linguistiques,  même dans ses communications internes, en est sûrement un. Sous ce rapport, la plupart des pays non anglophones sont dans une situation relativement semblable. On n’a qu’à feuilleter les magazines français ou déambuler sur la rue piétonne de Nantes pour s’en rendre compte.

Mais il y a un facteur propre à la société québécoise que l’on oublie trop souvent. Les Québécois ont vécu la révolution industrielle de la seconde moitié du 19e siècle en anglais. Cela les a déterminés et a modelé profondément et structurellement leur mode de pensée et donc de parler.

Mon grand-père Proulx, un cultivateur né en 1885 à St-Zéphirin de Courval, un village pratiquement inconnu, parlait de son égoïne, de son marteau et de son équerre en français. Mais en mécanique, il dévissait une bolt avec son wescott! Il n’y a rien de surprenant à cela : quand il se présentait au magasin général du village pour s’acheter ces outils, le vendeur feuilletait un catalogue en anglais imprimé en Ontario et aux États-Unis.

Je rendais visite la semaine dernière à ma mère, née à Varennes. Elle a 87 ans. Elle a conservé le catalogue Eaton de 1945. Il était en anglais. Et quand passait chez elle le « peddler » avec sa grosse valise, il en déballait des « ketters », des « bloomers », des « overall ». C’est écrit dans ses mémoires..

On connaît un troisième facteur à l’anglicisation au travail : une grande partie des entreprises, surtout les grandes, étaient propriété des anglophones. L’impact de ce facteur sur la langue de travail est majeur. Cela est bien documenté. Si la situation à cet égard a bien évolué depuis 40 ans, il reste qu’elle a structuré les comportements, même dans les entreprises francophones. J’ai raconté ici comment, l’été dernier, le jeune préposé de mon garage Chrysler de Trois-Pistoles m’a écrit qu’il y avait un « petit louce dans le linkit » de ma Caravan! Et son patron n’est pas anglophone. Et si on l’interrogeait sur la langue de travail dans son garage, il répondrait sans aucun doute que c’est le français.

Il faut feuilleter cet inestimable témoin de la vie commerciale à Montréal: l’annuaire Lovell. Il a été publié sans interruption de 1842 à 1977. On y retrouve la liste complète des entreprises et des chefs de ménage ainsi que leurs professions. Une mine d’or pour les généalogiste, à la condition de connaître l’anglais! Encore en 1960, et je n’ai pas cherché plus après, tous les métiers sont identifiés en anglais: shipper, workman, butcher, etc. Et tous ou à peu près, francophones ou non, annoncent leur entreprise dans cette langue. Les choses, certes, ont bien changé depuis. Mais ce qui a le moins changé, c’est la structure des esprits.

Les concours du « bon parler français » de ma jeunesse ont été les premières réactions à cette anglicisation de notre vie quotidienne. Heureusement,  l’État québécois, via l’Office de la langue française, par ses travaux linguistiques dans les années 60 et ses interventions après la loi 101 de 1977 a permis de renverser le courant au sein d’un monde industriel et commercial qui ne connaissait qu’une langue : l’anglais.

Pourtant la loi 101 n’a pas changé encore radicalement la culture anglophone qui, malgré les progrès accomplis, a forgé les attitudes et les comportements  autant des travailleurs que des chefs d’entreprise francophones. Nos conversations quotidiennes au travail comme à la maison le prouvent. La résistance du Conseil du patronat, comme vous du PLQ et de la CAQ, et de tant de travailleuses et de travailleurs, à poursuivre vigoureusement la transformation de cette culture prouve que le français au travail n’est pas encore une valeur forte de la société québécoise.

Pour que cette culture commence à se transformer, il a fallu que l’État, par la loi 22 par la loi 101, mette sa puissance au service de cette mission. Bien des citoyennes et des citoyens, bien des travailleurs, bien des entreprises ont accepté loyalement et ont fait des efforts pour poursuivre sur le terrain cette impulsion de l’État.

D’aucuns veulent aujourd’hui nous faire croire qu’il suffit d’inciter à la francisation des milieux de travail pour qu’elles se fassent. C’est un leurre pour les raisons susdites, mais qu’il faut redire :

  1.  la pression extérieure sur le monde du travail que constituent tant la révolution technologique que la mondialisation est plus forte que jamais et cette pression s’exerce en anglais;
  2. la culture québécoise du monde du travail tant de secteurs industriels que commercial est une culture historiquement anglophone.
  3. un patronat encore en partie anglophone ou francophone, mais culturellement anglicisé, pour lequel la francisation du travail demeure une préoccupation secondaire.

Bref, il faut bien le dire : les Québécois ont aliéné leur culture française d’origine.

En somme, ces raisons devraient vous inciter, vous du PLQ et de la CAQ, a appuyé vigoureusement le projet de loi 114, à tout le moins pour tout ce qui concerne la francisation du monde du travail.

Il faut faire à cet égard une révolution culturelle, c’est-à-dire un changement de fond qui ne portera pas que sur les comportements, mais qui renouvellera les valeurs profondes déjà latentes dans la population, et qu’il faut faire émerger pour fonder solidement une nouvelle culture de la francité québécoise.

La langue de travail ne peut pas être la seule préoccupation du PQ. Elle doit être celle de tous les élus et, à travers eux, de tous les Québécoises et Québécois. La langue française est notre bien commun.

ANGLAIS INTENSIF: UNE DÉCISION RAISONNABLE ET PERTINENTE

Ainsi, la ministre de l’Éducation, Mme Malavoy, entend confier au conseil de chaque établissement de chaque école la décision d’implanter ou non un programme d’anglais intensif en 6e année du primaire. Cette décision apparaît raisonnable et pertinente.

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