L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS DEMEURE TRADITIONNEL

L’impression généralement répandue est que les choses changent sans cesse en éducation, et particulièrement dans l’enseignement du français. Elle est mal fondée. C’est ce que conclut une étude récente intitulée : « État des lieux de l’enseignement du français ».

Elle a été réalisée auprès de 801 enseignantes et enseignants, et 1618 élèves par Suzanne-G. Chartrand et Marie-Andrée Lord, professeures à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval. Le Conseil supérieur de la langue française (CSLF) a collaboré à l’étude.

Cette recherche avait pour but de :

« 1) dresser un portrait quantitatif de l’enseignement du français au secondaire au Québec en menant une enquête auprès d’un échantillon représentatif des enseignants et des  élèves de 4e et 5e secondaire;

« 2) décrire finement les pratiques effectives de sept enseignants de français;

« 3) dégager les constantes et les changements survenus depuis 25 ans en comparant les données recueillies avec celles du CLF pour comprendre l’évolution de l’enseignement. »

On y fait une série de constats significatifs :

  • « le français est la discipline la plus importante pour 46% des filles, mais pour 24% des garçons.
  • « La qualité du français oral [est] jugée sévèrement par les enseignants… et les élèves.
  • Et il n’est pas certain que les enseignants soient eux-mêmes des modèles à cet égard

Par ailleurs, les nostalgiques de la dictée et des règles de grammaire peuvent se réjouir :

  • « Les exercices de grammaire occupent une place importante : 94% des enseignants affirment en faire faire une à plusieurs fois par semaine.
  • « La dictée est encore présente : 40% des enseignants disent en faire au moins une fois par semaine.
  • « Mais, on ne fait pas encore assez de grammaire, selon 55% d’entre eux. »

L’apprentissage du français oral est par ailleurs le parent pauvre. Quelque 33% des enseignants ont déclaré ne jamais faire d’exercice dans ce domaine. La la perception est la même chez les élèves. Au surplus, seulement 6% des enseignants et 7% ont déclaré  faire « souvent » des activités d’évaluation à cet égard.

Les auteures  ont tiré les trois conclusions générales suivantes :

  1. «  Une discipline qui change lentement […].
  2. « La forme d’enseignement privilégiée en écriture comme en grammaire est la transmission d’informations par l’enseignant, souvent sous la forme du cours magistral dialogué.
  3. « Ni les programmes d’études ni les acquis des recherches en didactique du français à propos de l’enseignement de l’écriture et de la grammaire n’ont eu un impact majeur sur l’enseignement du français au secondaire québécois. »

Cette dernière conclusion fera certainement plaisir à tous ceux qui s’en prennent aux « lologues » du MELS et des facultés des sciences de l’éducation!

Les lectrices et lecteurs pressés peuvent accéder facilement au diaporama d’où sont tirées les informations précédentes.

Ceux qui voudront en savoir plus peuvent consulter le site Portail pour l’enseignement du français où sont répertoriées les diverses publications relatives à cette étude ou en rendant compte.

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Une réflexion au sujet de « L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS DEMEURE TRADITIONNEL »

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