LES COMMISSIONS SCOLAIRES RÉCLAMENT UNE « POLITIQUE NATIONALE EN ÉDUCATION PUBLIQUE » »

La chose m’avait échappé : la Fédération des commissions scolaires  a adopté en décembre dernier une Plateforme en vue de l’élaboration d’une politique nationale éducation publique au Québec. On devait la déposer à l’Assemblée nationale au début de la présente session parlementaire. Mais aucun écho ne nous en est encore parvenu de ce côté.

« L’adoption de cette plateforme, précise-t-on , s’inscrit dans la foulée du Sommet sur l’éducation publique au Québec, [de mai 2012]. Celui-ci avait réuni plus de 800 participants issus du réseau scolaire et des milieux municipal, syndical, socioéconomique et communautaire le printemps dernier, et qui s’était conclu par l’adoption d’une Déclaration en faveur de l’éducation publique au Québec. »

Cette plateforme, explique-t-on encore, « est le résultat de consultations menées auprès de ses membres et de ses partenaires (parents, directions d’établissement, directions générales, cadres, représentants syndicaux) dont le point de vue était essentiel, car pour la Fédération, la Politique nationale en éducation publique au Québec est un projet social de développement qui réfère à une responsabilité et une solidarité collectives ».

Mais dans une lettre à la présidente de la FCSQ, Mme Josée Bouchard, datée du 20 décembre, la Fédération québécoise des directions d’établissement ne semble pas avoir apprécié qu’on  ait implicitement associé ses membres à cette déclaration. Se disant « stupéfaits » par l’initiative, les directeurs y ont vu un plaidoyer pour le maintien des commissions scolaires . La FQDE estime plutôt que les formes de la démocratie scolaire doivent être repensées.

La Fédération des commissions commissions scolaires a aussi mis en ligne une pétition ou l’équivalent invitant les lecteurs à signer une « Déclaration en faveur de l’éducation publique au Québec ». Quelque 4473 personnes l’ont signée à ce jour.

La FCSQ relance aussi le dossier dans le dernier numéro de Savoir, sa revue corporative, en rappelant notamment les quatre principes sur lesquels devrait s’appuyer la politique nationale d’éducation :

  • L’accessibilité à des services éducatifs et diversifiés et de qualité
  • La réussite éducative, une obligation incontournable de notre système
  • La reconnaissance de l’expertise professionnelle des ressources humaines
  • Une gouvernance démocratique et partenariale associée à une mission de bien commun, en s’assurant de maintenir et de renforcer le rôle des commissions scolaires.

Le Plateforme détaille ses principes en empruntant le vocabulaire classique des plans stratégiques : mission, valeurs, enjeux, résultats attendus, etc.

Cela dit, la récente initiative de la FCSQ n’a laissé apparemment aucune trace dans les médias, si ce n’est une courte entrevue de sa présidente à CIBL. Hormis les quelques milliers de lecteurs qui ont signé la déclaration, la Plateforme n’a guère eu d’impact. Cela tient, à mon avis, à l’absence d’une problématique qui en aurait fait voir la pertinence.

En effet, pour justifier son action, la FCSQ évoque essentiellement les 50 ans du Rapport Parent et l’occasion que cet anniversaire donne d’analyser le système éducatif pour le renouveler. Elle ajoute : « La méconnaissance du système ainsi que la complexité qui s’en dégage convainquent de l’importance de l’élaboration d’une politique nationale en éducation publique qui implique une réflexion collective visant à clarifier le domaine, à le renouveler et à le valoriser ».

Tout cela, certes, est pertinent, mais ce n’est pas suffisant pour mobiliser la population. En 1992, la Centrale de l’enseignement du Québec avait eu beaucoup plus de succès lorsque pour réclamer un large débat sur l’éducation, elle avait dramatisé le problème du décrochage scolaire: cela a donné le États généraux sur l’éducation.

En fait, il m’apparaît que la question de  la gouvernance est à la fois le moteur principal des desseins de la FCSQ et son encrage stratégique. Les élections scolaires sont prévus pour l’automne 2007 et elle sont cruciales pour l’avenir des commissions scolaires. Au surplus,  l’avenir des commissions scolaires a été un enjeu de l’élection de l’été 212. La CAQ a carrément remis en question leur existence. Le PQ s’est engagé de son côté à « renforcer l’autonomie des écoles, éliminer le chevauchement des responsabilités entre le ministère de l’Éducation et les commissions scolaires et favoriser, sur une base volontaire, les fusions des commissions scolaires ».

Le véritable enjeu de l’opération lancée par la FCSQ me semble plutôt loger de ce côté-là. Mais attendons voir.

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