LA SÉLECTION AU PRIVÉ : LA CRAINTE EST LE COMMENCEMENT DE LA SAGESSE!

Les établissements d’enseignement privés sentent manifestement la pression. Depuis bien des années, on leur reproche de n’accueillir que les élèves dont la réussite est probable. Un bon test d’admission auquel ont toujours recours la majorité d’entre eux permet de le vérifier. On délaisse donc les élèves en difficulté d’apprentissage. Mais on proteste encore qu’on ne fait pas de sélection! Je les croirai quand ils aboliront ces tests.

L’actuel gouvernement  a mis aussi de la la pression. Reprenant la plateforme électorale de son parti,  Mme Malavoy a, l’automne dernier,  promis de passer à l’action ! La dite plateforme électorale précisait qu’un gouvernement péquiste « modifiera les règles de financement des écoles privées afin d’introduire une obligation d’intégration et de rétention des élèves qui ont des difficultés, faute de quoi ces écoles verront leur subvention diminuer graduellement ».

Un communiqué de la Fédération des établissements d’enseignement privés nous apprend aujourd’hui que plus de 1000 personnes de la région de Québec sont actuellement réunies  en colloque  dans le but «  d’échanger sur les réussites et les meilleures pratiques et visent à identifier certaines caractéristiques d’un modèle propre à assurer une inclusion réussie des élèves à besoins particuliers ».  C’est jargonneux à souhait, mais on comprend!

« Les écoles privées accueillent déjà des élèves qui ont des besoins particuliers et elles sont ouvertes à en accueillir davantage », précise un directeur, ajoutant : « Évidemment, il n’est pas question de baisser les standards. Il faut outiller ces élèves et les accompagner pour qu’ils réussissent leur cheminement scolaire et développent leur plein potentiel, en surmontant les obstacles qui se dressent sur leur route. »

« Lorsque nous accueillons un élève, nous voulons l’accompagner jusqu’à la fin de son cheminement scolaire. Les écoles privées de la région de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches se donnent les moyens nécessaires pour contribuer davantage à accroître le taux de persévérance scolaire, et nos résultats en cette matière en témoignent », ajoute un autre directeur.

Bref, on bouge. Mais à quel rythme et jusqu’où? Le MELS devrait vérifier ce qui se passe concrètement sur le terrain en dénombrant les étudiants qui d’une année à l’autre se font renvoyer du  réseau privé pour passer à l’école publique et pourquoi.

Pour ma part, je soutiens que dans une société qui reconnaît officiellement dans sa Charte des droits et libertés le droit de fréquenter l’école privée, qui au surplus la subventionne largement, je soutiens, dis-je, qu’au nom du droit à l’égalité, les établissements privés doivent accueillir tous ceux qui frappent à leur porte sans égards à leurs talents. La concurrence ne doit pas se faire en sélectionnant les élève, mais plutôt par la qualité des services offerts par l’école.

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5 réflexions au sujet de « LA SÉLECTION AU PRIVÉ : LA CRAINTE EST LE COMMENCEMENT DE LA SAGESSE! »

  1. Alexis Gagne

    Es-tu donc aussi contre toute sélection dans les écoles internationales? Et toute formation de groupes (tracking) selon les habiletés des élèves?

    Personellement, je crois qu’il faut plus d’écoles publiques qui sélectionnent ses élèves, particulièrement dans les milieux défavorisés.

  2. proulxj Auteur de l’article

    Il faut savoir que la vocation initiale des écoles internationales agréées par une organisation suisse n’a jamais eu comme projet de faire la sélection des enfants selon leurs talents. Cette vocation a été détournée il y a 25 ans au Québec par le Collège St-Louis, aujourd’hui de la CS Marguerite-Bourgeois, qui voulait concurrencer le collège privée des Srs de Ste-Anne à Lachine. Le mouvement était donné et on a continué. Hélas!

    La sélection selon les habiletés se justifient s’il s’agit d’habilité spécifique en art (la danse ou la musique par exemple) ou en sport. Mais il vaut cent fois mieux des écoles comme St-Luc qui accueille tous les élèves qui veulent faire de la musique sans en faire des virtuoses, ou d’autres qui mettent l’accent sur le sport, sans en faire des Maurice Richard ou des Tiger Wood!

    Il est même légitime d’avoir des écoles particulières pour les enfants en difficulté grave d’apprentissage comme Vanguard dont j’ai été administrateur et même pour les surdoués pour autant que l’école annonce clairement son projet spécifique.

    Mais règle générale, on doit valoriser, en principe, un accès en pleine égalité à l’école plutôt qu’en fonction des talents, tout en créant à l’intérieur des écoles des modèles pédagogiques qui vont favoriser l’éclosion optimale des dons et des personnalités.

    Voilà!

  3. Alexis Gagne

    Réponse intéressante. Tu sembles donc d’accord pour avoir des écoles spéciales pour les élèves à grandes difficultés et pour les élèves surdoués. Est-ce que c’est le top et bottom 0,1%, 1%, 5%, là est la question.
    Je serais curieux de lire la recherche (s’il y en a) décrivant si oui ou non, les élèves de chaque côté de la distribution, que ce soit en math, en français, en art ou en sport, nécessite un type d’enseignement différent de la norme pour pleinement s’épanouir.
    Mon hypothèse est que c’est certainement le cas, et pas seulement pour le top et bottom 0,1%, mais je dirais plus pour le top et bottom 3-5%.
    Si c’est le cas, la prochaine question à répondre est: Est-ce que retirer les élèves les plus doués des classes ou écoles générales va faire suffisament mal aux autres élèves pour qu’on soit prêt à sacrifier le plein épanouissement de ces élèves?
    La question sur la valeur (positive ou négative), des écoles privées est similaire. Est-ce qu’ils font plus de bien aux élèves qui les fréquentent qu’ils font de mal aux écoles publiques privés des « meilleurs » élèves?
    La recherche est claire que l’effet des pairs est significatif, mais à mon avis pas du tout assez grand pour que la valeur des écoles privés soient négatives.

  4. proulxj Auteur de l’article

    Réponses:
    1- Je ne suis pas du tout un spécialiste des élèves en difficulté ni des surdoués. Mon opinion est donc à prendre avec réserve.
    2- Je ne saurais dire où au plan statistique où on doit fixer la balise tant pour les élèves en difficulté comme pour les surdoués pour les écoles que l’on pourrait appeler spéciales. Du reste, je ne pense pas à priori qu’on doive les placer sur la même échelle (du QI par exemple). Certains élèves sont en grandes difficultés non pas parce qu’ils ne sont pas intelligents, mais parce qu’ils ont d’autres handicaps (v.g. la dyslexie).
    3- La recherche montre, je crois, que généralement les classes hétérogènes au plan des talents sont bénéfiques pour les plus faibles sans nuire aux plus forts, ces derniers « tirant » sur les plus faibles vers le haut; mais je ne saurais trancher cette question qui est hors de mon champ de compétence;
    4-Il faut définir en quoi consiste la « valeur » des écoles privées. Pour ma part, je pense, comme je l’ai écrit, que cette valeur doit tenir à la qualité des services éducatifs ou autres qu’elle rend et ne doit pas a priori dépendre du talent des élèves qu’elles reçoivent.

  5. Luc Papineau

    Concernant la sélection pour les programmes PEI. Honnêtement, un jeune qui éprouve des difficultés scolaires arrivera difficilement à vivre avec un contenu qui est comprimé à cause de l’enrichissement exigé et avec tout le fatras des demandes de ce programme. Faut-il exercer une sélection a priori? Celle-ci est-elle valide? Chose certaine, penser que n’importe quel élève, peu importe ses talents et ses habiletés scolaires, peut réussir ce programme me semble illusoire.

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