LE CHOIX DES ÉTUDES: UNE AFFAIRE DE MARCHÉ OU D’ASPIRATIONS PERSONNELLES?

Une récente étude du  Centre de recherche en analyse des organisations (CIRANO) constate qu’une proportion importante des postes de travail dans la grande région de Montréal sont occupés par des personnes surqualifiées.

En effet en 2006, quelque 31,5% des titulaires de ces postes possédaient une formation plus importante que celle exigée par la nature du travail. C’est un plus que dans la région de Toronto (29,2%) et de Vancouver (29,3%).

Pour les métiers, le taux de surqualification atteignait 46%! Toutefois, il varie  beaucoup selon les métiers et professions. Ainsi :

« Les domaines de l’agriculture, exploitation agricole et sciences connexes (51,2%), des arts libéraux et sciences, lettres et sciences humaines (58,5%), des sciences sociales (52,7%), du transport de personnes et de matériels (65,5%) sont largement au-dessus de la moyenne du taux de surqualification.

« Les travailleurs autonomes ont des taux inférieurs de surqualification, particulièrement ceux sans aide rémunérée non constitués en société. Les industries des services administratifs, de soutien de gestion des déchets et services d’assainissements (56,2%) et d’hébergement et services de restauration (56,2%) se distinguent par leurs taux particulièrement élevés.

« À l’opposé, l’industrie des services professionnels, scientifiques et techniques (15,1%) et des services d’enseignement (14,2%) présentent des taux de surqualification très bas »

Cette étude est fascinante à bien des égards, mais surtout par la question radicale qu’elle soulève : faut-il planifier l’offre d’étude en fonction du marché du travail ou laisser les individus libres de choisir leur formation selon leurs aspirations et leurs aptitudes?

Dans le débat récent sur la gratuité scolaire, on a cité l’exemple de certains pays nordiques – le Danemark, je crois –  où l’enseignement supérieur est gratuit, mais où les programmes sont très contingentés et ouverts seulement aux personnes les plus méritantes.

Nous voilà à nouveau lancés dans un débat sur nos valeurs profondes!

Les plus intéressés pourront lire à la page 99, la conclusion de l’étude de CIRANO intitulée : « Origine et sources de la surqualification dans la région métropolitaine de Montréal ». Elle a été menée par les professeurs Brahim Boudarbat et Claude Montmarquette.

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3 réflexions au sujet de « LE CHOIX DES ÉTUDES: UNE AFFAIRE DE MARCHÉ OU D’ASPIRATIONS PERSONNELLES? »

  1. michelepoupore

    Puisque notre programme de formation universitaire est quasi gratuit, étant donné l’état de nos finances, une réflexion serait nécessaire. De nos jours, il semble que le fait de prolonger son CEGEP d’une année n’est plus un facteur en ce qui a trait à l’acceptation dans un programme universitaire. De surcroît, bon nombre d’étudiants s’inscrivent à un programme afin d’augmenter leur cote R et être acceptés dans un second programme. C’est fort coûteux.

    Au cours des dernières années, les autorités ont choisi d’ouvrir l’accès aux études supérieures, était-ce un bon choix? Qu’arriverait-il si on adoptait le modèle scandinave? Il faut le souligner, dans les pays nordiques, les étudiants incertains de leur avenir ont l’option de s’enroler dans l’armée pour 2 années. Peut-être que nous pourrions, ici. offrir une avenue similaire profitable à la société, telle que le volontariat pour ces jeunes qui hésitent et qui au bout du compte perdent un peu leur temps aux études post-secondaries?

  2. Alexis Gagne

    faut-il planifier l’offre d’étude en fonction du marché du travail ou laisser les individus libres de choisir leur formation selon leurs aspirations et leurs aptitudes?

    L’idéal est entre les deux. Il n’y a pas de sens d’offrir des cours pour 2000 étudiants pour une formation professionnelle où il y a 100 emplois parce que ça intéresse beaucoup de jeunes. Dans les cas contraires, il faut aussi tenter d’encourager les jeunes à choisir les domaines moins populaires, mais plus lucratifs, notre économie en dépend. Il y aurait peut-être place à des incitatifs, surtout en terme de changement de programme. P

    olitiquement, au Québec, ce serait difficile par contre.

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