LES ÉVÊQUES NE S’OPPOSENT PAS À CE QUE LE CRUCIFIX SORTE DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE

L’Assemblée des évêques catholiques du Québec a sans surprise hier pris position à l’encontre de l’interdiction que propose le projet de Charte des valeurs québécoises du port des signes religieux ostentatoires au sein de l’État et des organismes publics qui en dépendent.

Mais la déclaration la plus neuve – une véritable surprise celle-là -, s’est faite en marge de la conférence de presse. Deux d’entre eux, notamment M. Morissette de St-Jérôme, ont déclaré à la radio  que les évêques ne s’opposeraient pas à ce que l’on retire le crucifix de l’enceinte de l’Assemblée nationale si celle-ci en décidait ainsi.

Ils estiment que la portée purement patrimoniale que le gouvernement accorde à ce symbole chrétien est réductrice.  Cette vision les agace profondément. M. Morissette a rappelé que le crucifix était d’abord une manifestation de foi. « Et un objet patrimonial, cela se déplace », a-t-il ajouté. Mais les évêques ne demanderont pas son déplacement. Ce sont les parlementaires qui l’ont placé là en 1936, a-t-il dit. Il leur appartient de l’en retirer.

Malheureusement,  cette déclaration n’est pas officielle, même si l’évêque de St-Jérôme  a déclaré qu’elle reflétait la position commune des évêques. Je n’en ai pas, en tout cas, retrouvé le texte écrit. Cette prise de position m’apparaît pourtant majeure dans le débat actuel, car elle déverrouille enfin ce contentieux symbolique.

Mais, il y a gros à parier que le gouvernement du PQ va l’ignorer.  Elle leur posera en effet un problème de cohérence. Le maintien du crucifix flatte une majorité de catholiques, les plus âgés et les plus traditionnels, qui en retour appuient l’interdiction des signes religieux des « autres » au sein de l’État. Et les autres partis ne veulent pas non plus faire de vague à ce propos.

Le jour où le crucifix prendra le chemin du musée de l’Assemblée nationale ou du Musée des Beaux-arts du Québec (la seconde version est en effet une oeuvre d’art ), les catholiques plus traditionalistes vont grogner. Mais ,le lendemain, on n’en reparlera plus jamais.

Cette position des évêques m’enchante. D’abord, parce que j’en reconnais le bien-fondé.  Il y a cinq ans déjà, j’ai commis dans Le Devoir un article sur ce fameux crucifix dont on invoquait déjà la valeur patrimoniale pour en justifier le maintien à l’Assemblée nationale. Je concluais :

 « Je suis pour ma part sensible à l’argumentaire patrimonial. Mais dans cette perspective, il y aurait lieu de le déplacer à l’intérieur de l’Hôtel du Parlement, à un endroit où cette valeur serait reconnue sans ambiguïté aucune. […]. On pourrait ouvrir, […] un petit musée de l’Assemblée nationale du Québec dans lequel on retrouverait les objets les plus précieux de son patrimoine. Et c’est là qu’on pourrait y « porter la croix »!

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