Archives mensuelles : octobre 2014

POUR QUI VOTERIEZ-VOUS DIMANCHE ENTRE CES QUATRE CANDIDATS?

J’ai reçu hier la « carte de rappel » en vue du scrutin scolaire de dimanche, Y était joint le dépliant contenant « l’information minimale » sur les candidates et candidats de ma commission scolaire que ne je nomme pas intentionnellement.

Je vous propose l’exercice suivant.  Indépendamment du CV des candidates et des candidats à la présidence,  et à supposer que ce soit la seule information que vous ayez sur eux, ce qui sera certainement le lot de l’immense majorité des électrices et des électeurs, lequel des quatre suivants choisiriez-vous en fonction de leur programme respectif?

J’ai donc extrait de leur programme les orientations générales et les propositions d’actions  en respectant le plus possible le libellé de leur texte.

Je rappelle ce que la science politique nous enseigne : ce qui, outre le sens du devoir, fait se déplacer les gens pour aller voter et, voter pour une candidate ou un candidat plutôt qu’un autre, c’est la perception claire des enjeux, autrement dit de ce que les électeurs ont à perdre ou à gagner, en votant pour l’un plutôt que pour un autre.

Bon exercice !

No 1

Orientation générale:

Optimiser l’école

Actions

  • mettre fin au laxisme existant
  • obtenir des crédits pour des fournitures scolaires gratuites
  • surclasser nos élèves doués dans des écoles spécialisées
  • créer des bourses d’études dès le secondaire
  • favoriser l’adhésion de tous à la pratique d’un sport
  • inscrire les élèves en difficulté à un cours du soir
  • lutter contre le décrochage
  • agir contre la violence et l’intimidation

No 2

 Orientation générale

 Innover pour remettre l’école au cœur de l’action de la commission scolaire

 Actions

  • exercer un leadership fort pour faire de l’école la priorité des citoyens
  • donner une direction claire en faveur des élèves et du personnel
  • rendre la commission scolaire réellement transparente et rigoureuse

No 3

Orientions

Faire que l’éducation redevienne une priorité

Actions

  • gérer autrement sans affecter les services aux élèves
  • redonner aux écoles leurs pouvoirs décisionnels
  • faire les choses différemment

 No 4

 Orientations générales

Poursuivre son engagement au service de la réussite scolaire de tous les élèves

 Actions

promouvoir :

  • l’aide aux devoirs,
  • l’activité physique,
  • une saine alimentation,
  • la participation des parents,
  • l’accès à la culture et à la francisation,
  • l’accessibilité à des établissements  sécuritaires
  • exiger un financement public adéquat des écoles
  • intégrer le design, la mise en valeur du patrimoine et le développement durable dans la rénovation et la construction de nos écoles

Et alors?

M. BOLDUC VEUT POUVOIR METTRE EN TUTELLE LES ÉCOLES « OÙ C’EST TOUT CROCHE »

Nouvelle étonnante en manchette du Devoir, samedi :

« Dans le projet de loi qu’il présentera cet automne, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Yves Bolduc, accordera plus d’autonomie aux écoles, mais se donnera le pouvoir de mettre sous tutelle les écoles déficientes », écrit Robert Dutrisac.

«  Si tu arrives dans une école où c’est tout croche [il faut] que le ministre soit capable de dire : c’est fini, on reprend le contrôle le temps de replacer ça et après ça, on vous redonnera le pouvoir », a expliqué Yves Bolduc dans une entrevue accordée au Devoir.

Voilà un sérieux croc-en-jambe aux commissions scolaires. Pour l’heure, c’est la commission scolaire qui a pour fonction de « veiller à la qualité des services éducatifs » dispensés sur son territoire, après, bien sûr, la direction de chaque école  qui, elle,  «  s’assure de la qualité des services éducatifs dispensés à l’école » . Après, dit encore la loi, « le ministre veille à la qualité des services éducatifs dispensés par les commissions scolaires. »

Mais il y a bien plus.

La direction d’une école, comme représentant de l’employeur, peut sanctionner un membre de son personnel pour un manquement à son devoir; la commission scolaire peut faire de même avec un directeur, y compris le remplacer.

Un directeur peut suspendre un élève pour inconduite. La commission scolaire peut l’ expulser définitivement pour inconduite grave. Il sera dès lors prise en charge par la DJ.

La commission scolaire « s’assure » en outre que toutes ses écoles respectent les diverses dispositions de la loi et des régimes pédagogiques.

Quant au ministre, il peut retirer à un enseignant  l’autorisation d’enseigner pour « faute grave ».

Il dispose aussi du pouvoir de prescrire aux commissions scolaires et, par ricochet aux écoles, des mesures spécifiques si l’une et l’autre n’atteignent pas les « objectifs mesurables » convenus dans les conventions de partenariat (art. 459.4)

Il peut encore retenir pour cause les subventions d’une commission scolaire. Il dispose enfin  de la bombe atomique : la tutelle de la commission scolaire.

Au surplus, il existe maintenant dans chaque commission scolaire un protecteur de l’élève qui reçoit les plaintes des parents et qui formule ensuite à la commission scolaire les recommandations appropriées.

Bref, on ne compte plus les paires de bretelles et les  ceintures pour éviter qu’une école soit « toute croche »!

Que veut de plus le ministre? Qu’entend-il par une école « où c’est tout croche »? son étonnante déclaration soulève un certain nombre de questions.

Comment et selon quels critères le ministre déterminera-t-il que « c’est tout croche » dans une école? L’explication fournie au Devoir ne nous renseigne guère à cet égard : « Tu as deux écoles dans le même quartier à 500 mètres. Tu en as une que ça peut être bon et tu en as une très mauvais [sic]. Ça dépend de la direction, ça dépend des professeurs, ça dépend de la culture », a-t-il dit.

Mettons!

Bolduc annonce du même souffle le dépôt d’une loi après les élections du 2 novembre. Outre les pouvoirs qu’il veut se voir conférer pour séparer l’ivraie du bon grain, il proposera une décentralisation de certains pouvoirs (lesquels?) vers les commissions scolaires, les écoles et les enseignants. Il sollicite même déjà des suggestions à cet égard.

Je m’empresse d’en formuler une : au lieu de lancer des ballons aussi étranges qu’étonnants, Monsieur le Ministre,  publiez plutôt un livre Vert pour y proposer une problématique claire sur  la vision de votre gouvernement et la vôtre sur ce qu’il y a à réformer et pourquoi  réformer. Évoquez quelques pistes d’action pertinentes et soumettez le tout à la délibération publique.

Quand vous aurez constaté un consensus suffisant chez vos concitoyens, proposez-leur une loi intelligente.

LA CAMPAGNE ÉLECTORALE SCOLAIRE N’INTÉRESSE PAS LES QUOTIDIENS

Est-ce que les candidates ou candidats aux élections scolaires n’ont rien à dire? Ou pas les moyens de dire ce qu’ils voudraient dire?  Est-ce que les reporters à l’éducation des quotidiens ne s’y intéressent pas?

En effet, la couverture de la campagne électorale scolaire, sur le terrain, est nulle! Et nous sommes à moins de deux semaines du scrutin.

Voyons les données tirées de la banque de données Eurêka sur le nombre d’articles parus depuis 30 jours dans les quotidiens touchant d’une façon ou d’une autre à l’élection du 2 novembre.

  • La Presse: 11
  • Le Devoir: 14
  • Le Soleil: 11
  • Le Journal de Montréal: 11
  • Le Journal de Québec: 13
  • La Tribune: 8
  • Le Nouvelliste: 15
  • Le Quotidien: 13
  • La Voix de l’Est: 17

La très grande majorité de ces articles ne portent pas sur les candidatures et les programmes, mais plutôt sur des enjeux généraux comme l’abolition ou le maintien des commissions scolaires, ce qui n’est pas sans intérêt. Mais seuls en fait les journaux régionaux, et encore, suivent quelque peu les campagnes locales. Mais l’on s’étonne de n’avoir rien lu encore dans La Presse, Le Devoir, le Journal de Montréal, sur les enjeux de la campagne à la CSDM ou à Marguerite-Bourgeois ou Laval.  Quant à la radio et la télé …,

Cette semaine, là où cela n’a pas encore été fait, les citoyens devraient recevoir du président d’élection de leur commission scolaire (en même temps que leur carte de rappel), les « informations minimales » sur les candidats et leurs programmes. C’est mieux que rien.

Vivement que nos quotidiens se réveillent.

IREZ-VOUS VOTER LE 2 NOVEMBRE?

Je publie ce matin dans Le Devoir un papier intitulé : Une première manche de gagnée. J’y fais état de l’amélioration fort significative constatée à l’orée de la campagne menant  aux élections scolaires du 2 novembre : le nombre de circonscriptions où il y aura scrutin a grimpé de 33% (en 2007) à 56%. J’essaie d’expliquer ce phénomène.

Mais le véritable test, ce sont les élections elles-mêmes. Vous, irez-vous voter?

L’ex-ministre de l’Éducation, Mme Marie Malavoy, y signe aussi un papier intéressant sur l’avenir des commissions scolaires. Ont-elle un avenir? .

RECONNAISSANCE PROFESSIONNELLE DES ENSEIGNANTS : LA BALLE EST DANS LEUR CAMP

Je lisais samedi dans le cahier spécial du Devoir sur l’éducation, ces propos de la présidente de la CSQ :

« Louise Chabot souhaite une reconnaissance professionnelle du personnel de l’éducation, «  ce qui manque grandement actuellement » […]. Il est temps  » de miser sur l’opinion du personnel, de le consulter et de le faire participer à tout ce qui touche les réformes des programmes, parce que c’est lui qui est au cœur du système. Il faut renverser cette tendance qui fait de ses membres des exécutants du système scolaire » ».

Je ne peux qu’être d’accord avec cet appel. J’ai signé en 2004 au Conseil supérieur de l’éducation un avis sur la  condition enseignante . On y proposait des mesures concrètes en matière professionnelle  À ma connaissance, ces recommandations sont demeurées lettres mortes en raison, je le crains, de l’indifférence des enseignants eux-mêmes. En tout cas, leurs associations syndicales sont demeurées muettes à cet égard. Celles-ci et la majorité de leurs membres s’opposent aussi à la création d’un ordre professionnel qu’elles estiment inutile.

Soit.

Mais, je souhaite vivement que les associations syndicales soient proactives et qu’elles proposent les mesures concrètes qu’elles veulent voir mises en place en vue d’une plus grande reconnaissance professionnelle. Mieux que cela vienne d’elles que des employeurs.

Cela dit, il ne faut pas indûment noircir le portrait.

Depuis 15 ans, la LIP accorde aux personnels des pouvoirs réels en pédagogie dans les écoles, là où cela compte vraiment. Pour ma part, j’aimerais lire un bilan à cet égard si tant est qu’il en existe.

De même, on ignore généralement que les enseignantes et les enseignants participent, trop discrètement il est vrai, à l’élaboration des programmes ministériels. Et cela depuis des décennies.

Mais il faut aller plus loin.

Mais trêve de chicanerie! C’était hier dimanche la Journée mondiale des enseignants.

J’en profite pour saluer cordialement toutes celles et tous ceux  qui ont choisi cette profession et. particulièrement mes ex-étudiantes et ex-étudiants

Je salue aussi mes parents, les membres de ma famille  et mes propres enfants qui pratiquent ce magnifique métier.

Bonne chances à toutes et tous.

OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS SCOLAIRES : RÉPONDEZ À UN SONDAGE

J’ai reçu une réponse inattendue et formidable à l’invitation que je lançais dans mon dernier billet de participer à un observatoire populaire sur les élections scolaires.

L’organisme d’éducation et de participation parentale La Troisième avenue vient en effet de mettre en ligne un sondage sur les élections du deux novembre. Pour y accéder, cliquer sur le lien suivant: http://goo.gl/forms/6k95hV2GRP.

Surtout, faites connaître ce sondage dans vos réseaux et invitez les gens à y répondre.

Il importe beaucoup que l’on connaisse ce que l’on fait ou n’ont pas fait les candidates et les candidates pour se faire connaître et surtout présenter leur programme.

Merci à La Troisième avenue.