LES MUNICIPALITÉS DISENT OUI À LA RÉFORME DES COMMISSIONS SCOLAIRES

Bonne nouvelle : la présidente de l’Union des municipalités se dit heureuse que le ministre de l’éducation entend faire participer les élus municipaux aux éventuels conseils scolaires appelés à remplacer les élus au suffrage universel. « La participation du monde municipal à ces conseils est une excellente idée », écrit Mme Suzanne Roy dans Le Devoir d’aujourd’hui.

En effet! Les municipalités et les commissions scolaires ont à l’évidence des intérêts communs en éducation : les premières partagent à bien des égards avec les secondes une même mission culturelle et économique. Bien des équipements sont communs.

Les écoles sont surtout des institutions des communautés locales indispensables à leur devenir. Une municipalité qui perd son école est une municipalité qui commence son agonie.

De son côté, la Fédération des commissions scolaires n’est pas rendue là. Elle tient mordicus au statu quo …amélioré : elle réclame que les élections scolaires se tiennent en même temps que les élections municipales en vue d’augmenter la participation. L’idée est excellente en soi, mais le ministre de l’Éducation n’est plus là. Sa position est ferme : il n’y aura plus d’élections scolaires. Il entrevoit plutôt la mise en place de conseils d’administration composés de représentants des parents, de la communauté et des municipalités. La formule s’apparente au modèle en place dans les cégeps. Bien que défendable, sa position est discutable.

Le modèle du collège électoral que j’ai proposé part des mêmes prémisses : impliquer tous ceux qui ont intérêt direct en éducation. Il s’agirait de confier l’élection à des représentants des parents, des éducateurs, des municipalités et autres détenteurs d’un mandat public. Mais les élus pourraient être n’importe quels citoyens. Le ministre propose plutôt une représentation directe des intéressés au sein de conseil d’administration.

La formule ministérielle est plus simple, mais elle marque une rupture radicale avec une tradition qui remonte à 1829. Cette tradition repose surtout sur un principe important : la démocratie, principe que l’on ne peut écarter sans plus ample réflexion. Aussi, avant de se rallier à la formule du ministre Blais, un débat public s’impose.

Il a annoncé à cet égard un projet de loi pour cet automne. Mieux vaudrait, à mon avis, qu’il propose un « livre vert » dans lequel on y trouverait les diverses formules possibles et un argumentaire solide à propos de chacun. L’histoire des élections scolaires depuis 1829 montre une variété dans les formules jusqu’à l’instauration du suffrage universel en 1973, Faut-il rappeler qu’avant cette date, les Montréalais et les Québécois n’avaient jamais élu leurs commissaires : ils étaient nommés conjointement par les élus municipaux, l’archevêque du lieu et le gouvernement!

Les commissaires ont été élus légitimement il y a moins d’un an et ils sont en poste pour encore trois ans. Il n’y a donc à mon avis, aucune urgence de procéder aux changements envisagés.

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2 réflexions au sujet de « LES MUNICIPALITÉS DISENT OUI À LA RÉFORME DES COMMISSIONS SCOLAIRES »

  1. Luc Papineau

    «Nous connaissons mieux que personne les besoins des citoyennes et citoyens et les attentes des familles qui sont des plus diversifiées. », dit la lettre. Mais voilà: les élus municipaux connaissent-ils bien les besoins des élèves6 Qui plus est, qui choisiront-ils quand viendra le temps de trancher entre des électeurs, des entreprises et des parents d’élèves?

    La lettre poursuit en mentionnant les « coûts d’entretien des édifices et terrains publics utilisés par les établissements scolaires, à la sécurité aux abords des zones scolaires et au personnel de soutien.» Or, faut-il rappeler que les employés municipaux sont les fonctionnaires les mieux payés au Québec et jouissent d’un excellent fonds de pension comparativement aux employés des commissions scolaires et des écoles. Des économies à faire dans ce domaine? Pas sûr…

    Enfin, je me permettrai de souligner que j’ai vu plus de scandales de dépense au niveau municipal que scolaire. La commission Charbonneau et l’UPAC nous l’ont bien montré.

  2. Luc Papineau

    Réplique de Josée Bouchard aujourd’hui. http://www.ledevoir.com/societe/education/447947/la-replique-reforme-scolaire-le-municipal-ne-peut-gerer-les-ecoles-sans-qu-il-en-coute-plus-cher

    C’est un euphémisme de dire que je n’aime pas Mme Bouchard. Elle a tellement nui aux CS en s’imaginant invincible et en exerçant une leadership déficient.

    Par contre, un passage dans sa lettre est intéressant:

    «Les quelque 800 élus scolaires, qui administrent un budget d’environ 10 milliards de dollars, sont entièrement dévoués à la réussite des élèves. Il s’agit de leur seule préoccupation et ils cherchent par tous les moyens à y consacrer le maximum d’argent, comme en témoigne leur faible 4,2 % de frais d’administration. Pendant ce temps, le Québec a besoin d’environ 8000 élus municipaux qui en arrachent pour maintenir à niveau des routes et des trottoirs en bon état, malgré des frais administratifs d’environ 14 %. Le calcul est simple, le municipal ne peut gérer le milieu scolaire sans qu’il en coûte plus cher.»

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