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MA VISION D’UNE ÉCOLE DE (TRÈS BONNE) QUALITÉ

Toute la journée de mardi, j’ai été habité par cette question sous-jacente à mon dernier billet : qu’est-ce qu’une école de (très) bonne qualité? Voici ma vision très personnelle à ce sujet.

D’abord, la qualité d’une école s’évalue certainement par celle des services éducatifs et dépend donc de la compétence de ceux qui les rendent. Au premier chef, il s’agit des enseignantes et des enseignants. Quand ceux-ci sortent des facultés des sciences de l’éducation, ils sont réputés compétents. Mais ils ont la compétence des débutants. Le reste vient avec l’expérience. Mais dans une très bonne école, les enseignants ont davantage : ils ont la passion de la formation continue. C’est en premier lieu ce qui la distingue d’une bonne école.

Avoir cette passion, suppose d’abord une conscience claire des compétences qu’exige le métier d’enseignant, Elle permet dès lors de pouvoir s’autoévaluer par rapport au niveau de compétences atteint, puis de se fixer des objectifs réalistes sur celles qu’il convient de développer prioritairement ou davantage.

Avoir cette passion, c’est ensuite se donner un plan personnel et organique d’activités diverses et multiples de formation et, au premier chef, la fréquentation assidue de la documentation touchant sa profession (Voir CSE, pp. 58-59). C’est aussi consulter systématiquement ses collègues experts, tenir des séminaires avec eux, expérimenter, participer à des colloques et congrès, s’inscrire, le cas échéant, à des cours universitaires, etc.

Enfin, cette passion s’accompagne de la conscience de la responsabilité professionnelle d’avoir à répondre des moyens mis en œuvre pour se perfectionner. Cela devrait passer par des entretiens familiers et chaleureux avec direction qui saura guider et encourager chacun à cet égard. Il faut dépasser ici les peurs stérilisantes touchant encore trop l’évaluation et de la supervision pédagogique.

Faire cela, c’est s’assurer d’enseigner dans une très bonne école. Mais si, en outre, les élèves ont affaire à des enseignantes et enseignants cultivés, alors ils étudient dans une excellente école. J’entends par « enseignant cultivé » celle et celui qui au-delà de sa discipline particulière a acquis dans différents domaines (histoire, géographie, littérature, musique, sciences, etc.), un bagage substantiel de connaissances. Sa culture lui permet de faire des liens et d’ajouter ainsi de la profondeur à son enseignement. Les enseignants dont je me souviens le plus sont ceux qui étaient cultivés.

Une très bonne école est aussi celle où l’on trouve à la direction une personne qui a déjà développé à un haut niveau ses compétences en enseignement. La formation initiale qu’il reçoit comme directeur à l’université lui fournit les compétences de base en gestion pédagogique et administrative. Mais comme pour les enseignants, le très bon directeur est celui qui assure ensuite aussi sa formation continue.

Dans une très bonne école, la direction possède un leadership fort, i.e. capable de mobiliser toute la communauté éducative, au premier chef son personnel, mais tout autant les élèves que les parents, autour d’un projet éducatif clair et explicite.

La bonne école a su dépasser le modèle prédominant qui en a fait un simple lieu de consommation de services éducatifs, fussent-ils très bons. Elle forme plutôt une authentique communauté éducative où parents, enseignants, personnels professionnels, personnels de soutien, sous le leadership de la direction, et chacun selon leur rôle, participent à la vie de l’école. Cela implique qu’elle a pris les moyens pour qu’y circule un flux continu d’informations d’intérêt commun entre tous les acteurs..

Une très bonne école accueille tout le monde sans discrimination aucune, en particulier sur la base des talents. Elle est capable, dans son organisation pédagogique, de prendre en compte la diversité des talents, mais avec un souci particulier pour la réussite des plus faibles. Elle trouve sa gloire dans le succès de ces derniers plus que dans celui des meilleurs qui est a priori assuré. Et une excellente école a éliminé, tant au sein du personnel que chez les élèves, toute trace de stigmatisation sociale envers les moins doués.

Une très bonne école est celle où les enseignants ne travaillent pas isolément, mais  partagent leurs expériences professionnelles avec leurs collègues et savent aussi lever les frontières de leur discipline.

Une très bonne école assure un encadrement pédagogique et disciplinaire qui mise avant tout sur la responsabilité personnelle et collective plutôt que sur l’autoritarisme, à l’intérieur de bornes connues de tous, conçues et fixées en fonction des âges des élèves et, le cas échéant, des conditions environnementales de l’école.

Une telle école sera certainement fière de rendre compte de la qualité des services éducatifs qu’elle rend.

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J’ai écrit ce texte, sans référence théorique particulière et sans recours à la recherche. Je serais ravi de recevoir critiques et propositions des lecteurs pour contester ou compléter ce portrait.

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