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QUÉBEC SOLIDAIRE ET L’ÉDUCATION : GÉNÉREUX ET DÉROUTANT

Comme les autres partis, Québec solidaire a placé la lutte au décrochage en tête de ses priorités d’action. Avec raison du reste. C’est le problème le plus épineux de notre système éducatif et depuis longtemps. Heureusement, l’opinion publique en est de plus en plus consciente. Les efforts déployés à cet égard par les acteurs scolaires et sociaux en général sont remarquables. On se souviendra certainement des Grandes rencontres sur la persévérance scolaire tenues l’automne dernier à Montréal.

Cela dit, QS proposait la semaine dernière un moyen étonnant pour lutter contre le décrochage : on créerait « 15 000 nouveaux postes d’enseignants et d’enseignantes à temps plein à l’école publique d’ici 2020 et de 1 000 professionnels-les pour les appuyer ». Cette proposition sort d’un chapeau! D’abord,  le lien entre la proposition et le décrochage n’est pas du tout évident. On conçoit certes  que certains services professionnels peuvent aider des élèves dans leur cheminement. Mais pourquoi davantage de professeurs?    La proposition est-elle liée à la croissance démographique de la population scolaire? Veut-on plutôt réduire le ratio professeur-élève ?  QS, comme les autres partis, se lance dans les promesses séduisantes sans nous dire davantage et surtout en ne précisant pas sur quelle analyse de la situation elles reposent.

Cette lutte au décrochage coûterait 500 millions sur 5$, mais sans dire comment et où on les trouvera. QS se trouve en meilleur terrain quand il rappelle le lien entre la pauvreté et le décrochage. « Les inégalités sociales, économiques et culturelles, déclare-t-il, minent les chances de réussite. Les meilleures ressources dans le réseau scolaire ne pourront jamais compenser pour l’impact de la pauvreté et il faut agir à la source du problème». Il ne dit rien de plus à cet égard, mais sans doute renvoie-t-il ici à d’autres éléments de sa plateforme, en particulier à l’instauration d’un revenu minimum garanti.

Enfin, QS annonce « 15 millions $ par année pour soutenir la lutte à l’intimidation et à l’homophobie à l’école ». Cette lutte est commencée depuis un bon moment : le gouvernement sortant a déjà fait voter une loi importante à ce sujet. Et les libéraux s’y étaient attaqués avant eux. Et il existe déjà un Plan d’action pour prévenir et traiter la violence.

Ici encore, faute d’analyse, on ne sait pas trop ce que QS entend proposer de nouveau et de mieux.

Pour lire le texte intégral du communiqué de QS, cliquer ici

Par ailleurs, on trouve dans le programme électoral complet de QS toute une série de mesures portant sur l’accessibilité et la gratuité scolaire, la réussite éducative, le soutien à l’école publique, la mission des cégeps et des universités et la qualité de la formation à l’université.

Parmi les propositions les plus novatrices et exclusives à QS, on peut lire celles-ci :

QS « transférera au réseau public, d’ici 2020, les subventions données aux écoles privées et permettra à ces écoles de s’intégrer au réseau public avec leur personnel ». Il est le seul à s’attaquer à ce privilège que dénoncent à la fois les commissions scolaires et les syndicats. Mais ici on s’attaque à une tradition centenaire et renouvelée en 1964 quand, dans le préambule du « bill 60 », on a affirmé, à la demande expresse de l’épiscopat, le droit des personnes et des groupes à créer des écoles privées et « les exigences du bien commun étant sauves, de bénéficier des moyens administratifs et financiers nécessaires à la poursuite de leurs fins ». Il vaudrait mieux démocratiser l’école privée en cessant d’en limiter l’accès à ceux et celles dont la réussite est déjà acquise.

QS promet aussi la gratuité à tous les niveaux : Il « éliminera tous les frais facturés pour la fréquentation d’une école publique, d’un collège ou d’une université en vue d’atteindre la pleine gratuité en 5 ans ». En cela, il est cohérent avec la Protocole international sur les droits politiques et économique. Les États qui l’ont signé, dont le Québec, se sont engagés à viser la gratuité de l’éducation à tous les ordres d’enseignement. Le gel des droits de scolarité ne viole ces engagements, puisque c’est l’équivalent du statu quo. QS va plus loin.

De plus, QS « encouragera les projets pédagogiques élaborés démocratiquement par les communautés et ouverts à tous les élèves ». L’important dans cette promesse est sa conclusion : son ouverture à tous les élèves. En effet, trop de projets particuliers sont réservés aux plus forts si bien que l’école publique se retrouve à écrémer les élèves à l’instar de bien des écoles privées. S’il est vrai que les talents sont divers et différents, l’école a pour mission de traiter chacun en pleine égalité et à donner, surtout aux plus faibles, les moyens de la réussite.

Ce qui, malgré ses limites, rend le programme de QS en éducation sympathique est qu’il s’inscrit à  l’intérieur d’une finalité générale que martèle ce parti : celle de créer une société juste.

Pour le reste, je renvoie les lecteurs au texte intégral de la plateforme. Cliquer ici

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