Archives pour la catégorie lecture

ON DÉCROCHE DÈS LA PREMIÈRE ANNÉE

Le décrochage, ce fléau de nos écoles, vient de faire l’objet d’’une nouvelle et pertinente étude. Michel Janoz, de l’Université de Montréal, est l’un des chercheurs qui depuis plusieurs années contribue à comprendre ce phénomène.

On pourra lire dans le communiqué publié hier dans le journal de l’UdeM, une synthèse des résultats de sa recherche.

Le décrochage, y lit-on, n’est pas lié à l’ébullition des hormones adolescentes, mais plutôt aux difficultés vécues en lecture, écriture et mathématique dès la première année du primaire. Ces difficultés sont un bon « prédicteur » de ce qui va se passer à 15 ans.

« Les difficultés en français (lecture et écriture) seraient un indicateur de risque aussi important que le statut socioéconomique de l’enfant. Ces difficultés sont déjà perceptibles chez plusieurs dès l’âge de sept ans », peut-on lire encore.

Cela me conforte dans ma conviction déjà exprimée dans ce carnet que la priorité de l’école est d’apprendre aux élèves à lire, en commençant par ceux qui éprouvent le plus de difficulté.

Publicités

UNE RECHERCHE EMPIRIQUE SUR L’APPRENTISSAGE DE LA LECTURE

J’ai écrit dans ce carnet que l’apprentissage de la lecture devrait constituer la priorité absolue dans le développement de l’éducation au Québec. J’ai écrit aussi qu’il constituait le premier défi à relever. J’ajoutais qu’il faut rameuter les meilleurs spécialistes de la question, autant parmi les praticiens que les universitaires, pour dégager les meilleures pistes d’action à cet égard.

La veille que publie régulièrement le CRIFPE sur la littérature scientifique touchant l’éducation m’a fait connaître aujourd’hui un récent mémoire de maîtrise présenté à l’UQTR. Il s’intitule : « Impact du savoir d’expérience de l’enseignant sur l’enseignement de la compréhension en lecture au deuxième cycle du primaire : le cas des inférences ». Les lecteurs intéressés y trouveront le texte intégral du mémoire signé par Tshamala Nsambay, J.

À quand une méta analyse de la recherche sur l’apprentissage de la lecture? Mais peut-être existe-t-elle déjà? Quelqu’un le sait-il?

En passant, j’ignorais ce qu’est une inférence en lecture. Allez voir!

APPRENTISSAGE DE LA LECTURE : PRIORITÉ ABSOLUE

Je ne suis pas pédagogue. Je sais néanmoins que l’apprentissage de la lecture, dès le début du primaire, est la clé incontournable de la réussite scolaire pour le reste des études. Je sais aussi que le décrochage au secondaire n’est pas sans lien avec l’incompétence en lecture. Tout cela a bel et bien documenté dans un avis du Conseil supérieur paru en 1999 sur la réussite scolaire comparé des filles et des garçons (p. 56). D’autres travaux, plus récents, ont sans doute confirmé cela.

J’ai déjà écrit, au moment de la campagne électorale de 2008, que les partis politiques devraient faire de la compétence en lecture, l’article premier de leur programme en matière d’éducation. Les commissions scolaires et les écoles devraient faire de même dans leur plan stratégique et leur plan de réussite. Les résultats médiocres du Québec aux tests internationaux en lecture me confortent dans ma position.

Heureusement, des chercheurs et des commissions scolaires ont déjà investi dans ce domaine afin de trouver les meilleures méthodes d’apprentissage, voire de prévenir les difficultés dès la maternelle. Mais cela demeure des cas isolés.

Je le dis comme je le pense : un sommet sur l’apprentissage de la lecture réunissant les meilleurs spécialistes, les meilleurs praticiens et les décideurs serait plus utile que le prochain sommet sur les universités. Chose certaine, plus nos enfants seront compétents en lecture, plus ils termineront leurs études secondaires et collégiales avec succès, plus ils auront accès à l’université!