Archives pour la catégorie maternelle quatre ans

LA RENTRÉE

De quoi sera faite l’année scolaire qui débute?

On n’annonce pas de grandes nouveautés en éducation en 2013-2014. Cette année, je le souligne au passage, marque le 50e anniversaire de la publication du premier tome du rapport Parent. Les assises de notre système éducatif actuel viennent de là. Il n’a pas cessé depuis d’évoluer et il évoluera encore.

Ainsi, on connaîtra cette année, l’arrivée des maternelles 4 ans à temps plein en milieux défavorisés. La mesure – comme toute mesure en éducation ! – ne fait pas l’unanimité : indispensable, disent les uns, pour combler le déficit culturel des enfants marqués par la pauvreté; c’est trop tôt, disent les uns : on va enfermer des marmots dans un cadre scolaire rigide : les cpe font bien l’affaire et bien mieux. Mais c’est chose faite. Le plus important est de savoir si cela sera bien fait.

L’autre nouveauté, en devenir celle-là, concerne l’enseignement supérieur. À la suite du sommet sur les universités de l’hiver dernier, le rapport Corbo a proposé la création d’un Conseil national des universités. Comme la mesure fait consensus, l’Assemblée nationale devrait normalement y donner suite.

Ce conseil aurait comme première tâche d’évaluer la qualité de « l’ensemble des activités universitaires et, au premier chef, de la formation » que dispensent les établissements. Il faudra revenir sur ce rapport qui soulève des enjeux importants. En effet, en parcourant le rapport, une première impression surgit : pour accomplir l’imposant mandat qu’on suggère de confier au nouveau conseil, il faudra créer une fonction publique dont on mesure mal encore l’importance. Le  rapport Corbo parle de 20 personnes. J’ai des doutes. Surtout, comment s’articuleront les pouvoirs consultatifs, mais aussi réglementaire, du nouveau conseil avec ceux, exécutifs et administratifs, du ministère de l’Enseignement supérieur?

Mais le plus important est ailleurs. Dimanche matin, je participais à la nouvelle émission « Désautels le dimanche ». L’animateur y a proposé une réflexion sur les 50 ans du rapport Parent. D’entrée de jeu, il m’a demandé quelle question il faudrait prioritairement aborder aujourd’hui  Sans hésiter, je lui ai répondu : la réussite scolaire. Le décrochage tant au secondaire qu’au collégial (on en parle moins) m’apparaît toujours le problème majeur de notre société. Ses conséquences, tant pour les personnes que pour la société, sont énormes.

Les causes du phénomène sont multiples, interreliées, et pour une part extérieures au système scolaire : au premier chef, la pauvreté; ensuite, les valeurs sociales qui privilégient la compétition plutôt que la collaboration. Cela se répercute sur le système : on multiplie d’année en année, au public comme au privé, les écoles pour les meilleurs, laissant les moins bonnes à la majorité forcément moins bonnes.

Puis il y a les causes internes au système : au premier chef, le manque de ressources pour aider les élèves en difficulté; l’absence aussi d’un système efficace d’évaluation de la qualité de l’enseignement. Cela s’explique pour une bonne part par le primat, au plan institutionnel, s’entends, de la culture syndicale sur la culture professionnelle. Ainsi, il n’existe toujours pas au sein de la profession enseignante de mécanismes obligatoires de formation continue.

Mais je m’arrête en souhaitant à mes trois enfants, tous trois œuvrant en éducation et à mes deux petites-filles qui entrent en classe mercredi, une merveilleuse année scolaire. Leur père et leur grand-père se contera d’ergoter sur son blogue!

LES MATERNELLES 4 ANS : D’AUTRES ÉTUDES S’IMPOSENT

 Dans le cadre de la délibération parlementaire relative à l’implantation des maternelles quatre ans, la Faculté des sciences de l’Éducation de l’UQAM a présenté un mémoire à la commission qui étudie le projet de loi à cet effet.

Le mémoire fait état d’une recherche expérimentale menée à l’école Saint-Zotique de la Commission scolaire de Montréal à compter de 2009 auprès d’enfants de 4 ans. Ses résultats sont positifs, mais non probants.

Le mémoire se conclut ainsi :

« En vue d’implanter des maternelles 4 ans temps plein en milieu défavorisé au Québec, afin d’obtenir les résultats escomptés, il est gagnant de miser sur des projets appuyés par la recherche et dont les résultats témoignent d’une meilleure préparation et réussite à l’école. Prendre en compte ces travaux fait en sorte que les élèves pourront bénéficier plus rapidement de pratiques favorables à leur développement.

« Les résultats préliminaires, obtenus à partir d’un échantillon de petite taille composé d’élèves de l’école Saint-Zotique, vont dans le sens attendu et semblent indiquer que les modalités mises en oeuvre dans cette école ont permis aux élèves d’arriver mieux préparés à la maternelle 5 ans. Également, les évaluations pédagogiques effectuées à la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord auprès des élèves de 1ère et de 2e année démontrent une amélioration nettement significative de leurs compétences en lecture au terme du 1er cycle du primaire.

« Ces résultats exploratoires à petite et à grande échelle sont encourageants et commandent une étude rigoureuse en vue de vérifier l’efficacité de la maternelle 4 ans temps plein en milieu défavorisé, au regard du développement global des élèves et ainsi que de leur préparation et de leur réussite à l’école. Dans une perspective de respect des enfants et des intervenants, ainsi que des fonds publics, il est essentiel que la mesure de maternelle 4 ans temps plein soit offerte de façon prioritaire aux enfants de milieu défavorisé et repose sur un curriculum enrichi, si l’on souhaite favoriser l’égalité des chances, tel que le recommande le Conseil supérieur de l’éducation. »

LES MATERNELLES QUATRE ANS : CE N’EST PAS ÉVIDENT

L’Assemblée nationale discute ces jours-ci du projet de loi touchant l’instauration des maternelles pour le enfants de quatre ans vivant en milieu défavorisé.

Je suis tiraillé quant à la pertinence de ce projet. En soi, il est difficile d’être contre : pourquoi s’opposerait-on à ce qu’on développe tôt des habiletés destinées à favoriser plus tard les apprentissages scolaires, surtout dans ces milieux où les besoins sont grands. Mais en même temps, une école est un milieu très structurée, régie par un tas de normes implacables. Est-ce trop tôt pour des petits de quatre ans de vivre cela?

Par ailleurs, la formation des techniciennes et techniciens en service de garde est spécialisée. À l’éducation préscolaire et primaire, dans nos facultés des sciences de l’éducation, la formation pour le préscolaire n’est pas très longue.

Dans les positions de chacun, il y a aussi les intérêts fort légitimes des personnels qui œuvrent soit en garderie, soit en milieu scolaire : on enlèvera à l’un pour donner aux autres.

Voilà un beau cas où il n’y a pas d’évidence forte. Souhaitons que les parlementaires feront en bout de course le bon discernement.

Étant grand-père, je suis allé souvent chercher mes trois petits à la garderie ou de participer à des fêtes. Chaque fois, je me suis émerveillé de ce que j’y voyais et y entendais. Mais, je suis ici dans l’ordre des sentiments et des impressions !