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PLQ ET ÉDUCATION : TOUT ET N’IMPORTE QUOI

Le programme électoral du Parti libéral du Québec en matière d’éducation tient en cinq points :

  1. Recentrer la mission du MELS sur les objectifs pédagogiques et l’évaluation de la qualité des programmes et en conséquence abolir les directions régionales du MELS
  2. Accorder plus d’autonomie aux écoles pour réaliser les objectifs des programmes éducatifs
  3. Combattre le décrochage
  4. Faire un milieu sain à l’école, stimulant et enrichissant
  5. Renforcer l’apprentissage des langues

Sur les moyens pour mettre en œuvre ces cinq éléments, le programme est parfois disert, parfois généreux. Examinons le tout de plus près.

1- Vouloir recentrer la mission du MELS sur les objectifs pédagogiques et la qualité de ses programmes, c’est bien. Cela dit, on ne peut faire fi de ses autres fonctions incontournables : pilotage du système, détermination des politiques générales en éducation, détermination des règles de financement, du transport scolaire, des normes relatives aux autorisations d’enseigner, etc. Le programme du PLQ sombre ici dans le simplisme alors que l’administration du système éducatif est une affaire complexe.

Dire que les directions régionales n’auront plus à « chapeauter » et à accompagner les commissions scolaires, c’est mêler deux choses. D’abord les directions régionales, pas plus que le ministre, n’exercent d’autorité directe sur les commissions scolaires. Ces dernières appliquent la loi et les règlements qui les régissent. C’est bien différent. En revanche, les DR accompagnent effectivement les commissions scolaires dans la mise en œuvre des politiques et réglementations gouvernementales et ministérielles. À l’origine, on a jugé utile et fonctionnelle cette déconcentration des pouvoirs centraux. Il se peut que ce ne soit plus le cas. Il faudra en faire la démonstration avant de tout rapatrier à Québec. Val d’Or et Gaspé, c’est très loin de la capitale.

2- Le PLQ veut accorder plus d’autonomie aux écoles dans le choix des moyens en vue de l’atteinte des objectifs ministériels. Magnifique. Mais rions un peu. C’est en effet un gouvernement libéral qui, sous le ministère de Mme Courchesne, a opéré une centralisation ministérielle jamais observée en matière pédagogique. Dans une classique approche « top down », elle a concocté un splendide spaghetti bureaucratique, d’une part en obligeant les commissions scolaires, par ses fameuses « conventions de partenariat », à se coller aux buts et objectifs décidés par le ministre; d’autre part, elle a contraint les écoles à signer des « contrats de gestion» avec la commission scolaire de manière à se modeler à leur tour aux  conventions de partenariat. Bref, le PLQ devra démêler ce spaghetti avant de parler d’autonomie des écoles. Pour l’heure, il n’est pas crédible.

3- Le PLQ veut accentuer, par de nouveaux investissements, la lutte au décrochage . C’est effectivement un enjeu majeur de l’école secondaire que, du reste, tant le PLQ et la CAQ ont inscrit dans leur programme.

4- On veut encore faire de l’école « un milieu attrayant, sain, stimulant et enrichissant » et l’on propose à cet égard toute une série de moyens intéressants certes, mais qui relèvent de la compétence première des écoles. Et voilà que le PLQ se contredit, lui qui veut donner plus d’autonomie aux écoles et recentrer la mission du MELS sur les objectifs pédagogiques et la qualité des programmes!

5- Enfin, le PLQ veut « renforcer l’apprentissage des langues ». Ici il est sur le bon terrain puisqu’il appartient au MELS de proposer au gouvernement les éléments du régime pédagogique. Il entend « réaffirmer la mise en œuvre du programme d’anglais intensif en 6e année » rendu optionnel par le gouvernement sortant. Il veut aussi « offrir des séjours d’immersion en anglais ou en français », sans doute dans les écoles françaises et anglaises. Il entend ainsi répondre à une demande sociale du milieu francophone. Mais est-ce pertinent et souhaitable ? Hier dans Le Devoir, Charles Castonguay remettait vigoureusement en cause ce projet. Pour le reste, le PPQ promet le statu quo.

Ce qui frappe à la lecture des programmes des partis, c’est leur superficialité. Je me souviens de l’époque Ryan. À l’élection de 1985, il avait remis à la presse, un document substantiel qui proposait d’abord une analyse sérieuse des situations à réformer avant de promettre la mise en place des moyens. Ce temps-là est révolu. On bâtit maintenant un programme sur les humeurs de l’opinion.

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