Archives pour la catégorie participation électorale

L’AVENIR DES COMMISSIONS SCOLAIRES AU LENDEMAIN DES ÉLECTIONS

Le taux de participation aux élections de dimanche a été famélique, donc passons à l’action : abolissons  les commissions scolaires. Voilà un joli sophisme!

Il serait plus logique de conclure : changeons le mode de nominations des commissaires, car celui que nous connaissons est inefficace en plus d’être coûteux. À cet égard, j’ai déjà proposé une autre formule : celle de confier l’élection des commissaires  à un collège formé de personnes détenant déjà dans la communauté un mandat public (ici). La Fédération des commissions scolaires a crié à l’hérésie!

Cela dit, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. Tant la CAQ que le PLQ jouent à l’apprenti sorcier en prônant l’abolition des commissions scolaires ou en menaçant de le faire en raison de la faible  participation aux élections.

On ne change pas un système qui remonte à 1841, voire à 1829, et que l’on connaît partout en Amérique du Nord, sans n’avoir réfléchi et étudié la chose en profondeur, bref, sans n’avoir jamais exactement et rationnellement expliqué ce par quoi on va les remplacer. Je ne connais pour ma part aucune étude sérieuse à cet égard.

Si l’on concluait qu’il vaut mieux conserver les commissions scolaires, il sera alors le temps de se demander comment on élit ou on nomme celles et ceux qui vont les diriger.

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OBSERVATOIRE DES ÉLECTIONS SCOLAIRES : RÉPONDEZ À UN SONDAGE

J’ai reçu une réponse inattendue et formidable à l’invitation que je lançais dans mon dernier billet de participer à un observatoire populaire sur les élections scolaires.

L’organisme d’éducation et de participation parentale La Troisième avenue vient en effet de mettre en ligne un sondage sur les élections du deux novembre. Pour y accéder, cliquer sur le lien suivant: http://goo.gl/forms/6k95hV2GRP.

Surtout, faites connaître ce sondage dans vos réseaux et invitez les gens à y répondre.

Il importe beaucoup que l’on connaisse ce que l’on fait ou n’ont pas fait les candidates et les candidates pour se faire connaître et surtout présenter leur programme.

Merci à La Troisième avenue.

DONNONS-NOUS UN OBSERVATOIRE POPULAIRE DES ÉLECTIONS SCOLAIRES

Il y  aura, comme chacun sait ou devrait le savoir, des élections scolaires le 2 novembre.

En assurer le succès au plan de la participation populaire constitue un très gros défi. L’enjeu est clair : une faible participation va encore miner la légitimité politique des commissaires.

Il y a cette année une nouveauté qui devrait favoriser la démocratie scolaire. Pour la première fois depuis 1845, les présidentes et les présidents seront élus au suffrage universel. Et déjà quelques signes avant-coureurs sont encourageants. Ainsi, à la Commission scolaire de Montréal, on annonce une course à trois. À  la Commission scolaire anglophone de Montréal, il y déjà une candidate prestigieuse : Anne Lagacé Dawson, ex-candidate du NPD et dont on a tous entendu les commentaires politiques au téléjournal de Radio-Canada.

Se porter candidat à la présidence suppose que l’on ait en même temps un programme et, probablement, qu’on veuille le faire porter par toute une équipe. Et qui dit programme, dit enjeux, ce qui  risque de faire bouger le monde davantage.

Autre élément : la loi prévoit que les présidents d’élection peuvent transmettre aux électeurs, et à ses frais, en même temps que « la carte de rappel », le cv et le programme électoral de chacun des candidats. Mais encore faut-il que ceux-ci se prévalent de cette disposition, chose qu’ils n’ont pas faite aux dernières élections. L’idée est de garantir aux électeurs une « information minimale » sur celles et ceux qui veulent les représenter. C’est un grand besoin, car bien peu de gens savent ce que les commissaires font.

Le comité sur la gouvernance des commissions scolaires, présidé par l’ancienne sous-ministre, Mme Pauline Champoux-Lesage a fait au début de l’été une très pertinente recommandation sur ces changements.

« QUE les effets des nouvelles mesures prises pour améliorer la démocratie scolaire soient évalués lors de la prochaine élection ».

Il précisai : « Le comité croit qu’il est nécessaire de suivre de près le déroulement des prochaines élections scolaires pour vérifier si des changements s’amorcent et s’ils ont des chances d’être porteurs de renouveau. Y a-t-il des programmes électoraux où l’on traite des enjeux locaux? Y a-t-il des débats publics? Y participe-t-on? Est-ce que le comportement des électeurs est le même en milieu urbain et qu’en milieu rural? »

M’inspirant de cette recommandation, je propose à tous les lecteurs de ce carnet de se constituer en « observatoire populaire » de la campagne électorale. Bref, au cours des prochains jours et des prochaines semaines, racontez en commentaire à ce billet ce que vous observez (ou n’observez pas!) dans votre milieu :

  • Y a-t-il course ou bien est-on élu par acclamation?
  • Les candidats à la présidence se sont-ils entourés d’une équipe?
  • Proposent-ils un programme précis?
  • Quels enjeux soulèvent-ils?
  • Vous ont-ils laissé un dépliant à votre porte?
  • Se sont-ils présentés chez vous?
  • Ont-ils tenu des assemblées publiques?
  • Ont-ils transmis leur cv et leur programme par la voie du président d’élections?
  • Etc, etc.

Bref, ouvrons grands nos yeux et nos oreilles et n’hésitez pas et participez à ce petit exercice démocratique.

J’attends vos commentaires.

RÉACTION À LABEAUME ET CODERRE : LA FCSQ S’EST TIRÉE DANS LE PIED

Les maires Coderre et Labeaume ont créé une surprise en déclarant mercredi que Montréal et Québec devraient s’occuper d’éducation, en particulier en matière de décrochage et de gestion des immeubles.

On peut lire dans leur document de réflexion : « Un débat existe sur le rôle des commissions scolaires, que certains voudraient voir éliminées. […] La toile de fond de ce débat est l’échec de la démocratie scolaire, qui fait que les dirigeants de la plupart des commissions scolaires ont une légitimité fragile. Assez pour croire que les élus municipaux, qui incarnent la seule démocratie locale fonctionnelle, pourraient prendre le relais. »

L’attaque était frontale et a fait mal.  La Fédération des commissions scolaires (FCSQ) a exprimé son vif étonnement et répliqué vendredi matin par un communiqué protestant de sa compétence en ces matières. Je ne peux que leur donner raison. Labeaume et Coderre sont des prétentieux : les élus municipaux « incarnent la seule démocratie locale ». Entendez-vous cela!

Néanmoins, le communiqué de la FCSQ comporte un paragraphe tout aussi étonnant et malheureux. Protestant de ce que « la démocratie scolaire est bien vivante », la Fédération ajoute : « Il faut cesser de mesurer la vitalité de la démocratie scolaire par le taux de participation aux élections scolaires ».

Je regrette. Dans toute vraie démocratie, quel que soit l’ordre de gouvernement concerné, la participation électorale est un indice universel de la vitalité de cette démocratie. Ce n’est pas le seul, mais il est incontournable.

Comme pour se dédouaner, la FCSQ ajoute « À ce titre d’ailleurs, environ la moitié des maires au Québec sont élus par acclamation, ce qui n’en fait pas des élus moins légitimes ». Cet argument revient comme une ritournelle. Personne n’a jamais contesté la légitimité des élus scolaires et municipaux au plan juridique. C’est la légitimité politique qui est ici en cause.

Depuis plus d’un an, la FCSQ s’est donné un excellent plan d’action en vue des élections scolaires du 2 novembre prochain. Son slogan est « Votez pour l’avenir ». En niant ou en minimisant la portée de la participation électorale, comme elle vient de le faire, elle se contredit et se tire dans le pied. Dommage.

Par ailleurs, la FCSQ est d’avis que la tenue d’élections scolaires et municipales simultanées favoriserait le taux de participation aux deux paliers de gouvernement ». C’est aussi mon avis et depuis longtemps. À cet égard, elle se bute à l’opposition des municipalités. Il serait grand temps que ces deux mondes s’entendent et, à défaut, que le gouvernement du Québec et sa ou son futur ministre de l’Éducation fasse ses devoirs.

Pour lire le reportage du Devoir :  Montréal et Québec visent des pouvoirs en éducation