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VANGUARD, UNE ÉCOLE QUI TIENT SES PROMESSES

L’école Vanguard inaugurait hier ses nouvelles installations dans l’ancien orphelinat des sœurs Grises de Montréal, chemin de la Côte-de-Liesse. Un chef-d’œuvre de restauration.

Cette école privée a comme vocation unique de faire réussir des élèves qui éprouvent des difficultés graves d’apprentissage, Elle est reconnue comme établissement d’intérêt public par le ministère de l’Éducation.

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Pour nombre de parents, inquiets de l’avenir de leur enfant, cette école est le lieu de leur dernier espoir. Et pour la grande majorité, cet espoir n’est pas déçu : 75% de ceux qui y sont admis obtiennent leur diplôme d’études secondaires, contre 25% de ceux qui, dans la même situation, poursuivirent leurs études dans les écoles publiques, généralement à travers la voie de l’intégration à une classe ordinaire.

Cette école spécialisée (tous les professeurs sont des orthopédagogues) est paradoxalement suspecte ! Car lorsque’une une commission scolaire se résout enfin à conclure une entente de fréquentation scolaire avec Vanguard, on y transfère la subvention du MELS. Certaines commissions scolaires n’aiment pas cela et refusent même, malgré l’insistance des parents, à conclure un tel contrat.

Mais surtout, Vanguard va à l’encontre du credo officiel qui privilégie l’intégration des élèves en difficultés graves d’apprentissage dans les classes ordinaires. Mais des parents dont les enfants ont emprunté la voie officielle constatent finalement qu’elle ne convient pas à leurs enfants. De fil en aiguille, ils apprennent qu’il existe à Montréal une école spécialisée qui, sans faire de fausses promesses, les assure qu’elle va prendre les meilleurs moyens pour faire réussir leurs enfants.

Et l’école tient promesse. J’en ai été témoin. J’ai fait partie durant cinq ans de son conseil d’administration. 

Sans conteste, la voie de l’intégration en classe ordinaire a son mérite et se justifie assurément. Des parents y croient profondément. Surtout, ils ne veulent pas que leur enfant, placé dans une classe spéciale, encore moins dans une école spéciale, soit déconsidéré socialement. C’est une question de dignité humaine, valeur proclamée bien haut par nos chartes des droits et libertés.  Ces parents privilégient une des trois missions de l’école: la socialisation réussie des enfants.

Mais on ne saurait faire du credo de l’intégration une doctrine fermée, encore moins une idéologie. Car ultimement, comme le proclame aussi la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants ».

Or d’autres parents estiment que, tout compte fait, l’avenir de leurs enfants passe par une école spécialisée. Ils privilégient l’autre mission de l’école québécoise qui est de qualifier les élèves.  Vanguard veut précisément répondre aux attentes de ces parents. Si bien que les listes d’attente s’allongent au grand dam de ces parents qui attendent que leur enfant y trouve enfin une place. Les nouveaux bâtiments de l’école vont quelque peu soulager ces attentes. De fait,, il y aurait place pour d’autres Vanguard, aussi bien dans le secteur public que privé.

Vanguard a vu le jour en 1973. Elle a donc 40 ans cette année. Elle reçoit des élèves du primaire et du secondaire et compte deux sections : l’une francophone, l’autre anglophone. Jusqu’ici, elle logeait ses élèves dans trois campus différents à Laval, St-Laurent et Westmount, mais dans des bâtiments inadéquats à tous égards.

Elle est maintenant installée dans cet édifice patrimonial construit par les soeurs Grises de Montréal qui a été complètement restauré. Dorénavant, elle peut offrir à tous ses élèves et à un plus grand nombre, des services éducatifs complets.

Ses administrateurs actuels, en achetant et en transformant ces bâtiments, ont pris un pari financier audacieux, mais raisonnable. Et pour relever ce pari, la Fondation de l’école Vanguard va bientôt lancer une campagne de financement de 4 millions de dollars. Il faudra l’appuyer, comme l’a fait hier l’ancien premier ministre, M. Lucien Bouchard, qui, à titre d’ami de longue date de l’école, était présent à l’inauguration des nouveaux bâtiments.

Et je salue en terminant, la directrice générale de cette école, Mme Carolyn Caputo, une éducatrice et une gestionnaire hors du commun.

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UN ENSEIGNANT QUI A PERDU LA FOI

Un enseignant, Stéphane Lévesque, signait dans La Presse de samedi un texte intitulé: « C’est pas juste », assorti du long sous-titre explicatif suivant : « Pour les forts comme pour les faibles, l’effort n’a souvent rien à voir avec les résultats à l’école ou dans les sports ».

L’auteur utilise le sport comme une analogie. En sport, écrit-il, on dit de ceux qui échouent ou qui n’arrivent pas à performer « qu’ils ne sont pas faits pour ça ». Mais on refuse de dire que ceux qui échouent dans les autres disciplines « qu’ils ne sont pas faits pour ça ».

Et de conclure : « Le décrochage, c’est aussi la mise en lumière d’une des marques d’hypocrisie de notre société : l’obstination des dirigeants à enfoncer « la réussite » dans la gorge de ceux qui n’en ont pas les moyens […].

Que voilà des propos bien étonnants et surtout bien désolants.

Il a été un temps, au Québec comme ailleurs, on était convaincu que les élèves ayant des difficultés d’apprentissage (les « arriérés », de jadis) n’avaient pas les moyens de réussir. D’autres en sont venus à la conclusion contraire et ils ont eu foi en  la capacité des plus faibles de réussir si on leur en fournissait les moyens.

J’ai œuvré pendant cinq ans au sein du conseil d’administration d’une école pour les élèves ayant des difficultés graves d’apprentissage, l’école Vanguard. Cette école ne fait pas de miracles. Mais, contrairement à Stéphane Lévesque, elle a la foi, et une foi active, experte, stimulante, constante dans la capacité d’apprendre des enfants. Et les élèves y réussissent grâce à leurs propres efforts conjugués à ceux de leurs enseignantes et enseignants.

En matière d’éducation, le déterminisme est une bien mauvaise thèse. C’est une hérésie