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L’ÉDUCATION ABSENT DES MÉDIAS? FAUT VOIR!

Influence Communication (IC) que je cite dans mon billet de ce matin écrivait que l’éducation et un « thème presque normalement absent de l’actualité ».

Je viens de vérifier dans Eurêka. Lisa-Marie Gervais, la journaliste du Devoir spécialisée en éducation, a signé 236 textes en 2011 et 245 en 2012. Cela contredit pas mal IC. Et je n’ai pas cherché dans La Presse ou Le Soleil.

Mais il faut savoir qu’Influence Communication calcule  l’espace qu’occupe le même événement sur sept jours dans tous les médias et conclut que si cet espace dépasse 1%, c’est une grosse nouvelle.

Tout cela pour dire que la manière dont on regarde la réalité colore cette réalité!

Ce matin, j’étais désolé. Là, je le suis moins!

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ÉLECTIONS LOCALES : UNIR ENFIN LES FORCES

Je prends occasion de l’éditorial de la présidente de la Fédération des commissions scolaires, Mme Josée Bouchad,  sur « une démocratie scolaire renouvelée » et d’un nouveau sondage de ce même organisme sur le même thème pour revenir sur le sujet.

Il n’y a pas si longtemps, les commissions scolaires étaient réfractaires à tenir les élections scolaires simultanément avec les élections municipales. J’ai déjà entendu un ancien président de la Commission des écoles catholiques de Montréal dire qu’il ne fallait pas mélanger les égouts et les écoles! Mais on s’est progressivement rallié à l’idée.

Ce sont maintenant les municipalités qui sont contre. Cette opposition, officiellement fondée sur des arguments administratifs et logistiques, ne tient pas la route. Cela se fait depuis des années en Ontario sans heurts. Mais cette opposition a eu raison de la volonté politique du précédent gouvernement libéral. Il n’a rien fait.

Dans le dernier éditorial de la revue Savoir,  Mme Bouchard , « implore le gouvernement de ne pas répéter les erreurs du passé et débuter les travaux sur cette question très rapidement ». Du point de vue de l’acceptabilité sociale, des élections municipales et scolaires conjointes ne soulèvent aucune difficulté. La FCSQ a sondé les Québécois à deux reprises à ce sujet. En 2009, 87 % se sont déclarés d’accord avec une telle mesure et 77 % ont donné la même opinion cette année. Et le Directeur général des élections a déjà mené les travaux préliminaires sur ce projet.

Cette mesure ne saura toutefois suffire à elle seule à augmenter le taux de participation des électeurs. Le manque d’information et le manque d’intérêt pour la chose scolaire sont deux variables interdépendantes qui jouent particulièrement chez ceux qui n’ont pas d’enfants ou pas d’enfants à l’école. Et ils forment la majorité des électeurs. Connaître même le nom des candidats est problématique et pour ces derniers se faire connaître l’est tout autant.

Et bien peu de parents, soit 15%, se disent bien informés du rôle des commissaires, selon le dernier sondage de la FCSQ (juin dernier). Et les non-parents, encore moins: 13%. Bref, l’immense majorité se dit mal informée.

Pour remédier à ces lacunes, on en a en 2006 ajouté l’intéressante disposition suivante à la Loi sur les élections scolaires :

73.1. La déclaration de candidature peut être accompagnée de renseignements visant à assurer une information minimale aux électeurs.

 Ces renseignements sont fournis selon les modalités déterminées par le directeur général des élections et peuvent comprendre un texte fourni par le candidat, une photographie de celui-ci ainsi que l’adresse et le numéro auxquels les électeurs peuvent le joindre.

Au lieu de se prévaloir pleinement de ces dispositions, à la Commission scolaire de Montréal, on s’est contenté d’inscrire, et en toutes petites lettres, les noms des candidats sur la carte d’électeur! Aucune photo, aucune information sur leur CV ou leur programme. Les candidats se sont tirés dans le pied.Navrant!

Aura-t-on enfin de l’audace?

La satisfaction envers l’école québécoise: couci-couça

Les Québécois évaluent positivement leurs écoles primaires et secondaires. Léger Marketing a déjà publié à deux reprises, en 2008 et 2009 et 2010 un « bulletin de satisfaction » des écoles. Un troisième vient de paraître. J’y ai relevé quelques questions clés.

De façon générale, selon votre opinion personnelle, diriez-vous que les écoles PRIMAIRES du Québec sont … ?

2008

2009

2012

Parents

Autres

Parents

Autres

Parents

Autres

De très bonnes écoles

22

18

28

18

29

23

D’assez bonnes écoles

70

74

66

75

65

60

Total

92

92

94

93

94

83

De façon générale, selon votre opinion personnelle, diriez-vous que les écoles SECONDAIRES du Québec sont … ?

2008

2009

2012

Parents

Autres

Parents

Autres

Parents

Autres

De très bonnes écoles

12

12

14

11

19

14

D’assez bonnes écoles

66

70

65

70

59

59

Total

78

82

79

81

78

73

Les résultats globaux à la question sont réjouissants, en particulier en ce qui concerne l’école primaire : d’année en année, et de manière très stable, l’opinion publique l’évalue très positivement.

Néanmoins la donnée la plus significative de ce sondage est, à mon avis, la proportion des Québécois, parents ou non d’élèves, pour qui nos écoles sont « très bonnes ». Ici le score tombe à moins de 30%, heureusement en hausse, du moins chez les parents. Quand, au sortir du cinéma, on se dit : « Oui, le film était assez bon », c’est que le degré de satisfaction est couci-couça .

L’évaluation moins favorable que l’on fait de l’école secondaire québécoise n’est pas une surprise. Certes, à 78% chez les parents, c’est globalement bon. Mais ici, le score de 2002 a décru : 10 points de moins qu’en 2008 chez les parents et pratiquement autant chez les non-parents? Que s’est-il passé?

J’ai déjà lu que les grandes entreprises situent le seuil critique du taux de satisfaction de leur client à environ 90%. Quand il baisse en-deçà, l’effet est foudroyant : elles perdent leurs clients. On ne saurait donc se contenter des résultats actuels.

Et comment faire pour améliorer la qualité de l’école québécoise. Dans ce même sondage, deux mesures ont rallié une majorité de parents :

  •  Offrir plus de programmes pour les élèves performants (tels qu’arts-études, sports-études) : 33%.
  • Offrir un meilleur encadrement : 23%. Pour l’heure, seulement 8% estiment « très adéquat » l’encadrement de leurs enfants et 56%, « assez adéquat ».

Personne par ailleurs n’a suggéré d’aider les élèves qui ont le plus de difficulté : 0 %! Navrant.

J’ai retenu une dernière question: « De façon générale, vous considérez-vous très bien informé, assez bien, peu ou pas du tout informé concernant les services, les différentes activités et les réalisations de votre commission scolaire ? ». 64% des parents s’estiment bien informés contre 28% des non-parents. On s’informe d’une chose quand on y a un intérêt. Ce piètre résultat chez ces derniers pourrait bien avoir quelque chose à voir avec la faible participation aux élections scolaires.