Archives mensuelles : février 2014

LA GARDE-ROBE DES CARDINAUX TRAHIT LA VISION DU PAPE FRANÇOIS

Le Devoir de ce matin a bien voulu publier la lettre que je lui ai transmise dimanche au lendemain de l’installation des 18 nouveaux cardinaux à Rome parmi lesquels se trouvait l’archevêque de Québec, Cyprien Lacroix. Voici ce texte:

Chaque société porte ses contradictions. L’Église n’en est pas exempte non plus. Ainsi le pape François a choisi son nom en mémoire de François d’Assise, fondateur d’un ordre mendiant dont les membres portaient une bure et marchaient pieds nus dans des sandales. Et dès son élection, François a annoncé qu’il voulait une Église pauvre et tournée vers les pauvres.

Mais voilà que samedi, il présidait à Rome à l’installation de nouveaux cardinaux, dont celui de Québec. Ils avaient revêtu des soutanes rouge écarlate et François leur a remis une barrette aux mêmes éclats. Cette coiffure sortie du moyen-âge et est apparemment l’insigne de leur charge!

Cette garde-robe ostentatoire fut inventée au temps où les évêques et archevêques provenaient des familles nobles d’Europe. Ils devaient alors tenir leur rang au milieu des ducs, des comtes et des barons. Leurs attributs vestimentaires servaient à cela. Quant aux cardinaux, ils devenaient « princes » de l’Église; il fallait que cela soit reconnu sans équivoque.

On connaît les fonctions essentielles des cardinaux : participer à la gouvernance centrale de l’Église et élire le pape. C’est là un service important. Mais rattacher à la nomination de ceux qui sont appelés à le rendre, un cérémonial digne de la Renaissance où priment l’honneur et le faste, cela n’est pas digne d’une Église servante et pauvre. Encore moins de son fondateur né dans une mangeoire et vêtu d’une seule tunique que des Romains se sont empressés de tirer au sort au pied de la croix où il est mort.

Espérons que d’ici le prochain consistoire, François saura trouver le moyen, avec l’appui de ses cardinaux, de réaliser ses idéaux.

Cela dit, merci au nouveau cardinal de Québec pour le service qu’il est appelé à rendre à l’Église.

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Formation continue en pédagogie: un site positif, actif, entraÎnant

Il existe des blogues et des sites Facebook qui servent d’exutoire à des enseignantes et des enseignants malheureux.

J’en ai découvert un récemment où s’est tout le contraire. Le site Facebook de Stéphane Levasseur promeut la formation continue en pédagogie. C’est positif, actif, entraînant.

Bravo, M. Levasseur.

COMMENT NOYER À COUP SÛR UN NOUVEL ENSEIGNANT

Mon ex-collègue, Colette Gervais, de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UdeM, tient, dans le journal de cette université, des propos fort intéressants et pertinents sur la formation initiale des enseignantes et des enseignants et leur entrée dans la profession . Elle  y a consacré sa carrière et est devenue spécialiste de la formation pratique en stage.

Ses propos précisent ce que j’écrivais récemment sur le décrochage des enseignants. Ils m’ont particulièrement frappés et méritent d’être médités.

À son avis, le fait que les recrues se voient souvent assigner des bouts de tâches qui les amènent à enseigner plusieurs matières, à des élèves de différentes classes et parfois même dans plusieurs écoles n’est pas étranger au problème. « Ces jeunes enseignants doivent consacrer plus de temps à la gestion de classe et à la préparation des cours au détriment des réels apprentissages, signale Mme Gervais. Ils finissent rapidement par éprouver un sentiment d’efficacité personnelle moindre que les enseignants expérimentés. Dans certains cas, on leur confie même les groupes les plus difficiles. Jamais on ne donnerait à un avocat novice un dossier ultra complexe. C’est pourtant ce qui se fait dans le milieu de l’éducation. » [C’est moi qui souligne]

Après quelques années de pratique, caractérisées par la prise en charge de groupes « à problème » ou par de continuels changements de tâches et de milieux scolaires, les débutants sont épuisés à force de s’adapter aux multiples situations nouvelles. Las, ils décrochent!

« En tenant compte de la déperdition, certains disent qu’il en coûte plus cher de former des enseignants que des médecins! » lance Colette Gervais. Pire encore: le métier n’attire plus. Ainsi, les écoles peinent à avoir des suppléants tellement le nombre d’enseignants disponibles diminue.

 Ce n’est pas la formation et les stages qui sont en cause, précise-t-elle, mais le fait que les nouveaux enseignants se retrouvent soudainement seuls au moment de leur embauche. La plupart des commissions scolaires (et j’ajouterais, pas plus que les associations syndicales) ne se montrent empressés à fournir aux nouveaux l’encadrement nécessaire à l’entrée dans la profession.

Colette Gervais note d’ailleurs que le Québec n’est pas une exception à cet égard :

La problématique est semblable ailleurs dans le monde. Une étude comparative réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques dans une vingtaine de pays a montré que près d’un tiers des enseignants en début de carrière ont exprimé un besoin de formation propre à la gestion de la classe. Ils sont également nombreux à envisager de quitter la profession. « Il existe des mesures d’insertion professionnelle adaptées aux enseignants débutants qui leur permettent de continuer dans la profession. Il faut promouvoir cette approche », conclut Mme Gervais

APPRENDRE À TAPER…

Un petit billet plus léger aujourd’hui!

Depuis le milieu des années 80, une chose a universellement changé et pour longtemps encore : dorénavant, il faut savoir …taper! Non pas son conjoint ou sa conjointe, ses enfants ou ses élèves, mais sur le clavier de son ordinateur et quels qu’en soient la marque et le format!

« Dans mon temps », seules les filles futures secrétaires apprenaient à « taper » sur une Underwood et plus tard, sur une IBM électrique. Quelques garçons s’y mettaient parfois. Ce fut mon cas. J’ai appris à 18 ans sur une vieille machine  portative. Je ne l’ai pas regretté : une fois  journaliste.  ce me fut bien utile. À mes côtés, des collègues tapaient à deux doigts. Je les plaignais. Hélas, bien que cela fasse 50 ans que je « tape », je suis toujours aussi dyslexique. Je fais des erruers cnotinuellement! 

Tout ce long préambule pour vous dire que je ne comprends toujours pas, vu l’usage aujourd’hui universel du clavier d’ordinateur ou de la tablette tout format, pourquoi apprendre à taper n’est pas inscrit au programme du primaire.

On se demande encore s’il faut faire apprendre à écrire en cursives ou en lettres attachées (il paraît que c’est préférable d’apprendre en cursives). Mais, dans mon esprit, il ne fait pas de doute qu’il faut aussi, et rapidement, apprendre à taper!

LE DÉCROCHAGE PROFESSIONNEL DES ENSEIGNANTS: ET S’ILS N’ÉTAIENT PAS LES SEULS

Le Devoir revenait samedi sur un thème récurrent : l’abandon de nombreux jeunes enseignantes et enseignants dans les cinq ans suivant leur entrée en carrière. Ces départs hâtifs sont attribués aux conditions d’exercice de la profession : précarité d’emploi, changement fréquent d’écoles, exigences difficiles du métier, etc..

Je ne remets pas ces données en question. Peut-être faut-il cependant les relativiser. La statistique sur le décrochage des jeunes enseignants est impressionnante et tout à fait désolante. Mais pour pouvoir l’interpréter correctement, il faudrait pouvoir la comparer avec celle observée dans d’autres professions. D’ailleurs, le téléjournal de dimanche à Radio-Canada nous apprenait que les ambulanciers quittent aussi en grand nombre après sept ans, surtout chez les temps partiels. Observons au surplus que les statistiques sur le décrochage professionnel servent souvent à appuyer de revendications syndicales, par ailleurs tout à fait légitimes.

Aussi, il faut se demander si la mobilité professionnelle n’est pas un phénomène « normal » qui pourrait s’expliquer par des facteurs variés.

Une anecdote : en 1976, lors du conventum de ma classe, 15 ans après la rhétorique, j’ai mené une mini-enquête auprès de mes confrères pour savoir s’ils pratiquaient la profession annoncée à la fin de leurs études classiques. Surprise, 33% seulement œuvraient encore dans la carrière choisie 15 ans plus tôt!

Sans prétendre aucunement que mon cas est représentatif, j’ai, pour ma part, beaucoup « voyagé » professionnellement! Six ans après avoir commencé ma carrière de journaliste, j’ai bifurqué vers la fonction publique. La raison? Le métier de journaliste était peu conciliable avec la vie d’une jeune famille en croissance. J’y suis revenu au six ans plus tard quand nos trois enfants furent à l’école. Je l’ai quitté à nouveau onze ans après, cette fois, m’être laissé tenter par l’enseignement universitaire. Au surplus, la condition financière de l’entreprise n’était pas à l’époque à son meilleur.

Il faut évidemment dépasser l’anecdote. Il existe sûrement de bonnes études sur la mobilité professionnelle au Québec, en particulier des jeunes. Il serait pertinent que nos journalistes aillent voir.

En passant, ce même article du Devoir de samedi nous ramenait deux poncifs. Deux enseignants affirmaient, l’un, que la réforme « est impossible à appliquer »; l’autre, que « le véritable problème réside dans la formation initiale des enseignants qui n’est pas adéquate et qui est inégale d’une université à l’autre ».

Misère!